Les parents de tout-petits réclament que les municipalités les desservent mieux

MONTRÉAL — Les parents de jeunes enfants souhaiteraient que les municipalités offrent de meilleurs services à leur marmaille, indique un sondage de l’Observatoire des tout-petits, et selon la directrice de l’organisation, ces aménagements ne seraient pas très coûteux pour les avantages qu’ils procureront aux familles.

«Les municipalités disposent de plusieurs leviers pour agir sur l’environnement du tout-petit, de plein d’opportunités d’influencer son développement et son bien-être», a souligné Fannie Dagenais, directrice de l’Observatoire des tout-petits, un projet de la Fondation Lucie et André Chagnon qui a pour objectif de mettre les intérêts des enfants à l’avant-plan des débats au Québec

Le sondage de la firme Léger a été réalisé en septembre et en octobre, à l’aube des élections municipales, auprès de 1000 parents d’enfants âgés de 0 à 5 ans. Comme le sondage a été réalisé en ligne, la marge d’erreur ne s’applique pas.

Selon l’enquête, 91 pour cent des répondants voudraient plus de services pour leurs tout-petits, dont des parcs, des activités sportives ou des événements organisés spécifiquement pour les plus jeunes.

«Cette donnée exprime un réel besoin et un souhait des parents d’être soutenus pour favoriser le développement et le bien-être de leurs tout-petits», a indiqué Mme Dagenais.

Les données du sondage indiquent que ce pourcentage grimpe à 94 pour cent auprès des résidants des municipalités de 100 000 habitants et plus — et auprès des femmes.

Parmi les facteurs qui les pousseraient à utiliser ces services, on retrouve notamment la gratuité ou le coût abordable (75 pour cent) et l’horaire adapté aux heures de travail de parents (52 pour cent).

Mme Dagenais a aussi relevé que plusieurs parents n’étaient même pas au courant de l’offre de leur ville — plus d’un sur cinq disait ignorer les services consacrés aux jeunes enfants.

«Peut-être y a-t-il un travail à faire de ce côté-là pour s’assurer que l’offre soit connue et utilisée», a-t-elle suggéré.

Moyens limités

Fait intéressant, toutefois, les parents reconnaissent que ce sont les gouvernements provincial et fédéral qui sont les mieux outillés pour répondre à la demande.

Plus d’un répondant sur deux juge que c’est le gouvernement provincial qui est le meilleur pour «améliorer le bien-être et le développement (des) enfants», alors que le quart des parents estime que c’est le gouvernement fédéral. Seulement 15 pour cent d’entre eux ont répondu que leur municipalité était mieux outillée pour satisfaire à leurs besoins.

Bien qu’elles aient moins de marge de manoeuvre, Mme Dagenais croit que les municipalités peuvent améliorer leurs services aux plus jeunes sans trop de coûts.

«La plupart des municipalités offrent déjà certaines activités sportives, culturelles, donc l’idée est peut-être juste de repenser l’offre, ou de la bonifier en ayant en tête les enfants âgés de 0 à 5 ans», a-t-elle précisé.

Mme Dagenais souligne que les bénéfices pour les enfants en valent la chandelle.

«Si on pense par exemple aux parcs, aux aires de jeu, s’ils ont été adaptés aux enfants plus jeunes, c’est certain que ça peut avoir une influence, par exemple sur le développement moteur de l’enfant», a-t-elle déclaré.

«C’est d’avoir des installations qui lui permettent de bouger au quotidien, de se développer sur le plan moteur, de se développer aussi socialement. Ce sont dans ces endroits-là que des tout-petits rencontrent d’autres enfants de leur âge.»

Sondage Léger/Observatoire des tout-petits
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