Les partis bataillent fort pour gagner Montmagny-L’Islet-Kamouraska-Rivière-du-Loup

LA POCATIÈRE, Qc — Le député conservateur Bernard Généreux a à la fois perdu et gagné à la suite d’un recomptage dans Montmagny-L’Islet-Kamouraska-Rivière-du-Loup. Résistera-t-il cette fois au vent bloquiste qui semble souffler au Québec?

«Sais-tu quoi? Moi, j’ai du fun à faire ce que je fais. Si les gens ne veulent plus m’avoir, « too bad »! Je vais m’en aller chez moi, j’ai une entreprise, j’ai 25 employés. Je ne m’ennuie pas dans la vie.»

En entrevue avec La Presse canadienne vendredi matin dans son local de Montmagny, M. Généreux reste néanmoins confiant, lui qui avait pourtant été donné gagnant en 2011, puis avait finalement perdu par cinq voix, lors de la «vague orange» du Nouveau Parti démocratique (NPD).

«Je ne souhaite pas ça à mon pire ennemi», a-t-il confié. Et encore: au scrutin de 2015, autre recomptage judiciaire demandé par le Parti libéral (PLC), mais qui cette fois confirme sa victoire, par 272 voix.

«On va gagner cette élection, parce qu’on a fait une belle campagne. J’aime le monde et je pense que le monde m’aime aussi. Qui disait ça? La Poune? On verra ben…» a-t-il lancé avec un grand éclat de rire.

Les «24-35» du Bloc

Vendredi matin, M. Généreux rencontre des élus de Saint-Jean-Port-Joli. Le conseiller municipal Jean-Pierre Lebel estime que le député conservateur va l’emporter, mais un doute persiste.

«Ce qui me fait peur, ce sont toujours les 24-35 ans, qui vont mousser le Bloc», a-t-il déclaré. Iront-ils voter toutefois?

«Ça, je ne suis pas certain. Mais s’ils décident d’aller voter, juste pour avoir un « feeling »… mais Bernard connaît ça, il est toujours « passé bien serré ».»

Le maire de la municipalité, Normand Caron, témoigne de l’action et de la grande disponibilité de M. Généreux durant tout son mandat.

«Il est là depuis plusieurs années, il a des réalisations à son actif, il y a un geste peut-être naturel qui va se faire dans ce sens-là (en sa faveur)», a-t-il pronostiqué, en ajoutant cependant: «On va suivre la tendance nationale, on ne sait pas quel bord ça va prendre.»

Bernard Généreux affirme ne pas sentir, dans son porte-à-porte, en arpentant son immense circonscription, la vague bloquiste rapportée par les médias et les sondages.

«Les gens écoutent ça à la télé, ça les rend plus indécis», a-t-il convenu.

Chaque geste est «significatif»

Son adversaire du Bloc, Louis Gagnon, a pour sa part soutenu qu’il sentait l’essor de son parti sur le terrain: «Évidemment, oui.»

Son chef, Yves-François Blanchet, est d’ailleurs venu lui prêter main-forte vendredi, au cours d’une visite à La Pocatière et Montmagny.

À la fin d’une campagne, les chefs ciblent souvent les circonscriptions où les prédictions sont serrées, et mettent tout le poids de leur notoriété nationale pour faire pencher la balance le jour du scrutin.

«Les luttes ont toujours été serrées dans le comté au cours des dernières années, donc chaque geste, en fin de parcours, est significatif», a reconnu M. Gagnon.

«On espère toujours que la présence du chef va favoriser l’élection d’un candidat», a renchéri M. Blanchet, avant d’aller visiter un centre de recherche agricole.

Un candidat cinéaste

À 70 km de là, à Rivière-du-Loup, Hugo Latulippe revient d’aller serrer des mains dans une résidence pour personnes âgées.

«On est sorti de là très encouragé, a-t-il dans une entrevue avec La Presse canadienne, dans son local de campagne, rue principale, non loin de celui de Bernard Généreux. 

«Il y a des profils (de gens sympathiques) au NPD. Les femmes sont très enclines à voter NPD. Mais aussi, c’est surprenant, les gens avec des parcours ouvriers, ou dans le secteur primaire, ont hérité du bagage historique de ce parti.»

D’abord connu comme réalisateur et documentariste, M. Latulippe s’est lancé en politique parce qu’il cherche à «être plus opérant», selon ses mots.

«Le film ne suffit plus», a-t-il confié. Il mise sur les racines progressistes de la circonscription pour se faire élire — Montmagny-L’Islet-Kamouraska-Rivière-du-Loup a été dans le camp NPD de 2011 à 2015.

Toujours souverainiste, il ne se reconnaît plus dans le Parti québécois (PQ) et le Bloc. Ce ne sont plus des partis progressistes et verts, selon lui.

«Ils ont glissé sur la pente douteuse de la crispation au niveau social. Ils ne sont pas des véhicules écologistes. Je pense que le NPD ressemble plus au Québec que ces véhicules-là.»

«Les mots qu’il a utilisés ne méritent pas de réponse, a répondu M. Blanchet, indisposé. Je ne sais pas qui peut à ce point se prétendre progressiste pour dire que le Bloc ne l’est pas, alors que ces gens sont dans des formations qui favorisent encore l’extraction de pétrole pour gagner des votes dans l’Ouest. Ça frise l’arrogance.»

Le chef bloquiste a convenu que «oui», le vote est serré dans cette région, et «oui», il espère faire des gains dans l’Est-du-Québec, notamment Rimouski, représenté par le NPD.

«Mais ce sont les militants qui vont travailler et les électeurs qui vont choisir», a-t-il conclu.

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