Les partis d’opposition font front commun sur les changements climatiques

QUÉBEC — Les partis d’opposition font front commun à Québec: insatisfaits de la réponse de la Coalition avenir Québec (CAQ) en matière d’environnement, ils ont demandé jeudi au gouvernement Legault de convoquer des États généraux sur l’urgence climatique, ainsi que des actions concrètes.

Ils accentuent ainsi la pression sur ce qui est considéré comme le maillon faible du programme du gouvernement Legault, soit l’environnement. Cela s’ajoute à la grande marche récente à Montréal et dans d’autres villes pour la transition énergétique, ainsi que la pétition lancée par le mouvement du Pacte pour la transition, dont le porte-parole Dominic Champagne, a rencontré M. Legault, le 9 novembre dernier.

Au côté de nombreux candidats défaits aux dernières élections générales, les partis d’opposition ont présenté une «Déclaration transpartisane pour la transition socio-économique du Québec» à l’Assemblée nationale qui devait être remise au premier ministre François Legault en après-midi.

Pas moins de 213 candidats défaits ont signé la Déclaration, soutenue par les trois partis d’opposition, le Parti libéral du Québec (PLQ), le Parti québécois (PQ) et Québec solidaire (QS).

Il n’y avait encore aucun signataire de la CAQ. Alexandre Thibodeau, le candidat qui a eu l’initiative de lancer le projet d’abord dans sa circonscription, a dit avoir pris contact avec la CAQ, mais aucun représentant n’était là jeudi matin au côté des oppositions.

Les signataires ont repris l’appel récent du secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres, qui affirmait que si les gouvernements ne changent «pas la trajectoire actuelle d’ici à 2020, nous risquons de rater le moment où nous pouvons encore éviter un changement climatique incontrôlable, avec des conséquences désastreuses pour les individus et tous les systèmes naturels qui nous nourrissent».

Le porte-parole péquiste en matière d’environnement, Sylvain Gaudreault a évoqué les conséquences actuelles des perturbations climatiques: l’érosion des côtes, la récurrence des tornades, l’augmentation des maladies pulmonaires, les morts reliées aux canicules irrégulières, etc.

«Rien n’est plus concret aujourd’hui dans l’espace politique que les conséquences des changements climatiques», a-t-il déclaré.

Le premier ministre François Legault avait dit après son élection qu’il avait entendu l’inquiétude de la population concernant l’environnement, mais cela ne s’est toujours pas traduit en gestes, ont déploré les élus des trois partis.

«En environnement, il n’y a pas de place à l’improvisation, il n’y a pas de place à être brouillon», a pour sa part affirmé la porte-parole libérale en environnement, Marie Montpetit, en déplorant par exemple les hésitations du gouvernement récemment concernant l’opportunité de consultations du Bureau d’audiences publiques en environnement (BAPE) sur un projet minier en Abitibi-Témiscamingue.

La chef parlementaire de Québec solidaire, Manon Massé, a expliqué pourquoi il serait important de tenir des États généraux, «pour inclure des citoyens», pas seulement les groupes organisés.

«On n’a pas besoin de se réunir pour savoir qu’il ne faut pas extraire des hydrocarbures, on n’a pas besoin de se réunir pour savoir qu’il faut désinvestir dans le domaine des énergies fossiles, mais pour coordonner tout le reste, changer les habitudes (il le faut)», a-t-elle dit.

La Déclaration réclame en outre que le gouvernement mette en place dès l’ouverture des travaux de la Chambre la semaine prochaine «une structure de gouvernance de ses activités qui témoigne de l’urgence manifeste à engager le Québec dans une transition socio-économique permettant d’atteindre les cibles de réduction des émissons de gaz à effet de serre (GES)».

 

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