Les partisans de Biden manifestent leur joie après l’annonce de sa victoire

WASHINGTON — Des milliers et des milliers d’électeurs frustrés et fatigués sont descendus dans les rues de nombreuses villes américaines pour célébrer la victoire du candidat démocrate Joe Biden.

Quatre jours après le scrutin, divers médias américains ont annoncé que selon leurs projections, le démocrate avait enlevé le scrutin dans l’État clé de la Pennsylvanie.

La réaction a été spontanée et presque instantanée.

Dans les rues du centre-ville de Washington, un cortège de voitures a paralysé la circulation autour de la Maison-Blanche. On pouvait entendre un concert de klaxons sur plusieurs îlots d’habitation. Les passagers lançaient un poing en l’air par la fenêtre des véhicules. Un motocycliste a participé au tintamarre en faisant rager son moteur.

Les passants se pressaient par milliers près du parc Lafayette, à une intersection connue sous le nom de Plaza Black Lives Matter, l’emplacement de protestations bruyantes et parfois brillantes contre l’injustice raciale.

Samedi, l’ambiance était plus à la fête: un mélange d’euphorie et d’incrédulité.

«J’exulte!», s’est exclamée Linnea Hamer, une résidente d’Alexandria, en Virginie, qui dit avoir ri et pleuré en même temps en entendant la nouvelle.

Mme Hamer se rappelait des lendemains amers de la défaire d’Hillary Clinton en 2016.

«Nous pensions tous que Hillary avait gagné. Il n’y avait aucun doute. Les sondages le montraient, raconte-t-elle. Et puis, je n’ai jamais ressenti un tel désespoir quand je me suis réveillée le lendemain de l’élection pour constater que l’escroc était devenu le président de ce pays.»

Dans les grands centres urbains, de Los Angeles et Portland à New York et Atlanta, les fêtards ont dansé et bu du champagne à même la bouteille. Plusieurs brandissaient des pancartes et des bannières du camp Biden.

S’il était impossible de respecter la distanciation physique exigée en temps de pandémie, la plupart des manifestants portaient un couvre-visage.

«Cela fait quatre ans que nous attendons un moment pour célébrer», a lancé Derek Summerville, un résident de Washington, qui avait été aidé à l’organisation de Joe Biden en Iowa. «Je ne pensais pas que nous allions y parvenir avant que cela soit annoncé. Et quand les projections ont été annoncées, eh bien! On voit ce qu’on voit.»

Joe Biden cherchera à rassembler un pays divisé comme jamais en demandant à tous d’être courtois les uns envers les autres et d’oublier la colère et la diabolisation de l’adversaire.

Pour la plupart des observateurs, si c’est le bon message à transmettre, il ne peut s’agir que d’un voeu pieux. Mais Joe Biden est différent, soutient M. Summerville.

«Ce qui est ironique, c’est qu’il est l’une des rares personnes qui, à mon avis, le croient, a-t-il déclaré. Beaucoup d’entre nous devront faire beaucoup d’introspection pour trouver comment y faire face.»

Le président sortant n’a cessé de se nourrir de ces divisions afin de favoriser ses propres intérêts politiques. Ses efforts pour saper les résultats de l’élection n’en sont que l’exemple le plus récent.

«Rétablir les choses ne se fera pas du jour au lendemain. Nous ne nous faisons pas confiance, a déploré M. Summerville. Nous devons nous dire cela d’abord, puis déterminer où nous allons à partir de là.»

Combler le gouffre aux États-Unis sera un travail monumental, a reconnu Mme Hamer.

«Nous devons trouver un terrain d’entente et, franchement, je ne sais pas comment y parvenir, convient-elle. Mais pour l’instant, je veux juste être heureuse. Ça fait longtemps qu’on ne s’est pas senti bien comme ça.»

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