Les partisans de Donald Trump manifestent dans les rues de Washington

WASHINGTON — Une armée d’irréductibles partisans de Donald Trump s’est rassemblée samedi dans les rues de la capitale américaine pour exprimer son soutien au président défait.

Une semaine après que le candidat démocrate Joe Biden eut été désigné président-élu, des milliers et des milliers de partisans de M. Trump ont manifesté dans les rues de la capitale nationale pour dénoncer les résultats électoraux, proclamant sans fondement que la victoire leur a été volée.

«Nous sommes venus de la Floride parce que nous savions que tout le monde y participait, a raconté Cheri Lavigne, une courtière immobilière de Jacksonville. Ça en valait la peine.»

Le président défait persiste dans ses jérémiades même si les autorités électorales, tant sur le plan national que local, ont affirmé que le dernier scrutin avait été «le plus sûr de l’histoire du pays».

Portant des casquettes «MAGA» (Make America Great Again) et des bannières aux couleurs du camp Trump, ils ont défilé sur Pennsylvania Avenue pour se diriger vers l’édifice de la Cour suprême.

M. Trump les a salués en dirigeant le cortège présidentiel vers Freedom Plaza où des manifestants s’étaient rassemblés.

La foule a crié sa joie en apercevant la limousine de M. Trump. Certains ont manifesté leur enthousiasme en courant auprès du cortège. Ils ont scandé «USA! USA!» et «Encore quatre ans!». Plusieurs brandissaient le drapeau américain ou des pancartes témoignant de leur frustration.

Après ce bref détour, le cortège présidentiel est reparti vers un club de golf de la Virginie.

La «Million MAGA March» avait été grandement promue sur les réseaux sociaux. Plusieurs craignaient des confrontations violentes avec des contre-manifestants qui se rassemblent depuis plusieurs semaines sur la Black Lives Matter Plaza, tout près de la Maison-Blanche.

Pour éviter les heurts, la police avait fermé une grande étendue du centre-ville, où plusieurs commerces et bureaux avaient placardé les vitrines. 

Défiant la ville la plus démocrate du pays – Joe Biden a récolté plus de 90 % des suffrages dans le district de Columbia -, cette nuée a défilé le long de la Black Lives Matter Plaza, là où des contre-manifestants se moquaient du perdant, l’enjoignant à quitter la Maison-Blanche.

Sur Pennsylvania Avenue, une anti-Trump solitaire portant un couvre-visage exprimait son soutient au président-élu et à sa vice-présidente Kamala Harris, tentant de provoquer les manifestants en criant des obscénités, des insultes et en leur montrant le majeur. Quand quelqu’un s’approchait trop près d’elle, elle se recroquevillait en disant: «je ne veux pas attraper la COVID».

La tension est montée de quelques crans à au moins deux occasions. La police a notamment arrêté un homme portant un chandail du Black Lives Matter après que une altercation avec une partisane de Donald Trump qui l’a accusé de lui avoir tiré les cheveux.

Selon Mme Lavigne, ces Américains continuent d’appuyer Donald Trump parce que, selon eux, il défend leurs libertés les plus chères, des libertés qui sont brimées, croient-ils, au cours d’une année définie par la pandémie de COVID-19.

«Il y aura toujours des trucs qui nécessiteront des corrections, mais pas au point d’être privés de toutes nos libertés. Aucun d’entre nous n’est prêt à y renoncer, a-t-elle lancé. [Cette manifestation] réitère ce que nous ressentons. Nous avons notre pays, notre président, notre drapeau et ce qu’il représente.»

Le directeur de la sécurité intérieure à Washington, Chris Rodriguez, a indiqué que la police avait une forte expérience dans le maintien de la paix. «Les gens qui viennent dans le district [de Columbia] savent qu’ils ne peuvent pas apporter des armes dans notre ville et que la violence ne sera pas tolérée», a-t-il déclaré.

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