Les patients souffrant de fibrillation auriculaire auront maintenant plus d’options

MONTRÉAL — Plus de patients souffrant d’une forme très courante d’arythmie se verront maintenant offrir d’emblée une option chirurgicale pour régler leur problème, grâce à des recherches menées à l’Institut de cardiologie de Montréal.

La fibrillation auriculaire (FA) touche entre 1 et 2 % de la population mondiale. On commence habituellement par tenter de réguler le rythme cardiaque avec de la médication, mais une nouvelle étude publiée dans le prestigieux New England Journal of Medicine indique que, pour certains patients, on devrait plutôt se tourner vers le départ vers l’ablation par cathéter.

«L’étude démontre que cette approche-là est mieux pour les récidives d’arythmie et pour la qualité de vie que le traitement par médicament», a résumé le docteur Laurent Macle, qui a participé aux travaux pilotés par le docteur Jason Andrade.

Lors d’une telle ablation, le chirurgien insère un cathéter dans une veine ou une artère de l’aine du patient et le glisse jusqu’au coeur pour aller détruire les foyers responsables de l’arythmie.

Dans le cadre de l’étude EARLY-AF, 303 patients ont été répartis au hasard soit pour subir une ablation par cathéter de cryoballon (154 patients), soit pour recevoir un traitement médicamenteux antiarythmique (149 patients).

Après un an de suivi, une récidive d’arythmie symptomatique était survenue chez 11 % des patients du premier groupe et chez 26,2 % des patients du deuxième groupe.

Les patients traités par ablation en première intention ont aussi rapporté une plus grande amélioration de plusieurs mesures de la qualité de vie.

«On vient de démontrer que c’est une approche qui est supérieure d’un point de vue récidive de l’arythmie, qui est aussi supérieure d’un point de vue amélioration de la qualité de vie, donc on va pouvoir offrir ça aux patients en discutant des risques et des bénéfices de chaque approche, a dit le docteur Macle.

«Maintenant on va pouvoir dire, écoutez, on peut faire les deux.»

On sous-estime grandement l’impact de la fibrillation auriculaire sur les patients, croit le docteur Macle, qui n’hésite pas à dire que le problème «pourrit» carrément leur vie.

La nouvelle étude est d’autant plus intéressante que le traitement médicamenteux pourra être limité chez certains patients, qui pourront par exemple mal tolérer les effets secondaires de la médication.

Les médecins savent aussi que plus ils procèdent à l’ablation par cathéter tôt dans l’évolution de la maladie, meilleures seront les chances d’éviter une récidive de l’arythmie symptomatique.

«En première intention, c’est autour de 80 ou 90 % dans cette étude-là, a indiqué le docteur Macle. Si on essaie un traitement médical, souvent ça fait qu’on attend un an, deux ans, trois ans ou plus avant d’y aller, le taux de succès tombe à 75 %. Et si on tombe en fibrillation auriculaire persistante, le taux de succès est d’environ 50 %.»

D’un point de vue pathophysiologique, conclut-il, il est logique d’intervenir tôt pour freiner l’évolution de la maladie.

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