Les pêcheurs mi’kmaq ne nuisent pas aux stocks de homard, selon une experte

HALIFAX — Une pêche au homard menée par des Autochtones au large des côtes du sud-ouest de la Nouvelle-Écosse n’est pas la grande menace environnementale décrite par certains, selon une experte des pêches.

La pêche controversée lancée par la Première Nation Sipekne’katik dans la baie Sainte-Marie ne risque pas de nuire aux stocks de crustacés de la région, a assuré Megan Bailey, professeure au programme des affaires maritimes de l’Université Dalhousie, dans une récente entrevue.

«L’ampleur de la pêche de subsistance telle qu’elle existe actuellement, avec 350 pièges, n’est pas un problème de conservation», a déclaré Mme Bailey. «Avec 350 pièges, si vous multipliez cela par dix, je ne pense toujours pas que ce serait un problème.»

Des pêcheurs mi’kmaq disent que des pêcheurs non autochtones les ont menacés et intimidés pour leur pêche hors saison. La Première Nation de Sipekne’katik affirme que des pêcheurs non autochtones ont retiré 350 pièges à homard mi’kmaq de l’eau la fin de semaine dernière, en plus de vandaliser l’équipement et les bateaux.

Colin Sproul, président de l’Association des pêcheurs côtiers de la baie de Fundy, a aidé à retirer les pièges. Il a déclaré que la saison de pêche au homard dans la baie Sainte-Marie ne commence que le dernier lundi de novembre afin de permettre aux animaux de se reproduire et de s’assurer que leurs stocks ne sont pas épuisés.

Les pêcheurs mi’kmaq invoquent cependant une décision de la Cour suprême de 1999 qui confirme leur droit issu de traités de pêcher pour «gagner modérément leur vie». Ils affirment que le traité reconnaît leur droit de pêcher où ils veulent et quand ils le veulent, indépendamment des règles établies par le gouvernement fédéral.

En décembre 2018, 979 permis de pêche au homard avaient été délivrés dans la zone de pêche autour de la baie Sainte-Marie, selon le ministère des Pêches et des Océans, a déclaré Mme Bailey. Ces chiffres montrent que la durabilité des stocks de homard n’est pas menacée, a-t-elle ajouté.

«Il y a un millier de bateaux de pêche commerciale qui remontent plus ou moins 350 pièges chaque jour entre novembre et mai», a-t-elle dit. La pêche au homard de la Première Nation de Sipekne’katik, avec sept permis de pêche pour 350 pièges, «équivaut donc à peu près à l’un de ces bateaux commerciaux».

Mme Bailey a travaillé avec des pêcheurs mi’kmaq et commerciaux pour ses cours à l’université et a déclaré que la plus grande préoccupation des deux côtés venait d’un manque d’action du gouvernement fédéral. «Aucune des deux parties ne diabolise le secteur de la pêche, qu’il soit autochtone ou non autochtone. C’est vraiment de la transparence et du leadership de la part du gouvernement qui sont nécessaires.»

Vendredi, le chef de la Première Nation de Sipekne’katik, Mike Sack, a déclaré que sa communauté s’efforçait d’établir des règlements pour sa pêche. Dans un communiqué de presse, M. Sack a demandé une rencontre avec le premier ministre de la Nouvelle-Écosse, Stephen McNeil, pour discuter de la façon de mieux définir ce qui constitue une «pêche pour une subsistance modérée».

M. Sack a indiqué qu’il reconnaît qu’il est actuellement illégal pour les gens d’acheter du homard capturé en dehors du système de permis de pêche commerciale, qui est géré par Pêches et Océans Canada.

Cependant, ces règlements vont à l’encontre de la décision de la Cour suprême de 1999, «qui a conclu que les Mi’kmaq avaient le droit légal de pêcher et de faire du commerce en dehors du régime de permis (de Pêches et Océans)».

«L’appel d’aujourd’hui est pour un amendement à ce système défectueux qui est une violation directe du droit des Mi’kmaq de faire du commerce et de vendre», a déclaré M. Sack.

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Ce reportage a été préparé dans le cadre du programme de Bourses Facebook et La Presse Canadienne pour les nouvelles.

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