Les personnes jeunes et en bonne santé se retrouvent plus souvent aux soins intensifs

OTTAWA — Les personnes jeunes et en bonne santé se retrouvent plus souvent et rapidement aux soins intensifs, à mesure que les variants, plus contagieux et plus virulents, prennent le dessus sur la souche originale.

Dans certaines régions du pays, le variant B.1.1.7 est devenu la souche dominante, a déclaré mardi la docteure Theresa Tam, administratrice en chef de la santé publique du Canada. Les responsables provinciaux de la santé publique signalent un nombre croissant d’admissions à l’hôpital de patients plus jeunes qui ont rapidement besoin de soins intensifs, a-t-elle ajouté. «L’état de plusieurs d’entre eux se détériore assez rapidement et ils doivent être admis tout de suite aux soins intensifs.»

Selon la docteure Tam, on recensait en moyenne au Canada 6100 nouveaux cas de COVID-19 par jour au cours de la semaine dernière et 31 décès, contre 4600 nouveaux cas et 26 décès une semaine plus tôt. Mais ce sont les chiffres d’hospitalisation qui la préoccupent le plus: de plus en plus de personnes ont besoin de soins hospitaliers et le nombre de personnes nécessitant des soins intensifs augmente encore plus rapidement.

La semaine dernière, dit-elle, le nombre de personnes admises à l’hôpital avec la COVID-19 a augmenté de 4 %, mais le nombre de nouvelles admissions dans les unités de soins intensifs a augmenté de 18 %. Un patient sur trois hospitalisé de la maladie nécessitait des soins intensifs; or, à la mi-janvier, lorsque les hospitalisations pendant la deuxième vague ont culminé, ce taux était de moins d’un sur cinq.

Plusieurs provinces signalent que la majorité des patients hospitalisés de la COVID-19 ont maintenant moins de 60 ans, et les médecins de tout le pays se tournent de plus en plus vers les médias sociaux pour essayer de faire comprendre aux plus jeunes qu’il ne s’agit plus d’un virus qui s’attaque aux personnes âgées et vulnérables.

«Les plus jeunes pensent qu’ils sont invincibles», a écrit sur Twitter le Dr Kevin McLeod, spécialiste en médecine interne à Vancouver. «Ce sentiment s’estompe rapidement lorsqu’on t’insuffle de l’oxygène à 100 % (…) et que tout ce que tu entends autour de toi, c’est une équipe médicale qui débat des pour et des contre de t’intuber et de te brancher à un respirateur.»

Les variants progressent toujours 

Le nombre de cas confirmés des trois variants préoccupants qui circulent actuellement au Canada a explosé au cours de la semaine dernière, passant à plus de 15 200, contre 9000 le 30 mars. Le variant B.1.1.7, identifié pour la première fois au Royaume-Uni, compte pour 92 % de ces cas, mais les chiffres sont un peu en retard sur la réalité, car il faut plusieurs jours pour confirmer l’identité du virus.

Le variant P.1, identifié pour la première fois au Brésil, progresse lui aussi rapidement, notamment en Colombie-Britannique — 737 des 857 cas recensés au Canada ont été confirmés dans cette province. La docteure Tam a indiqué mardi que tous les responsables de la santé publique s’étaient réunis la fin de semaine de Pâques pour discuter de la propagation du variant P.1.

Elle a de nouveau exhorté les Canadiens à ne pas voyager en ce moment, que ce soit à l’étranger ou à l’intérieur du pays. Les experts croient que les voyages interprovinciaux ont propagé le variant P.1 de la Colombie-Britannique vers l’Alberta au cours des dernières semaines.

Des études en laboratoire suggèrent par ailleurs que les vaccins sont moins efficaces contre ce variant P.1, a ajouté la docteure Tam. 

Le premier ministre Justin Trudeau a de son côté exhorté les Canadiens à ne pas lâcher prise, même si tout le monde en a assez. «Même les personnes qui s’étaient convaincues qu’elles n’avaient pas besoin de s’inquiéter tombent malades», a-t-il dit en point de presse, mardi. 

La docteure Tam et d’autres experts ont également rappelé que les vaccins aideront à combattre la pandémie, mais qu’ils ne seront pas une panacée. Les Canadiens doivent toujours limiter leurs contacts interpersonnels, porter un masque et ne pas se rassembler à l’intérieur, rappellent les scientifiques.

La ministre fédérale de la Santé, Patty Hajdu, a déclaré mardi que même si les vaccinations se multiplient au pays, les employeurs et les citoyens doivent continuer à faire tout ce qu’ils peuvent pour empêcher le virus de se propager.

Laisser un commentaire