Les PME d’immigrants sont plus susceptibles de mettre en oeuvre des innovations

MONTRÉAL — Les petites et moyennes entreprises (PME) appartenant à des immigrants étaient plus susceptibles de mettre en œuvre des innovations pour faire rouler leurs affaires que celles appartenant à des personnes nées au Canada.

C’est ce qui ressort d’une étude dévoilée par Statistique Canada cette semaine, qui rappelle que l’innovation a une incidence positive sur le rendement des entreprises.

Les résultats de son analyse ont indiqué que les entreprises appartenant à des immigrants étaient 8,6 % plus susceptibles de mettre en œuvre une innovation de produits (biens et services) comme un nouveau gadget et 20,1 % plus susceptibles de mettre en œuvre une innovation de procédés (méthode ou procédé de production), comme une chaîne de montage plus efficace en usine.

Les immigrants, chefs d’entreprises, étaient aussi plus portés à intégrer de nouvelles façons de vendre leurs produits et services.

Quant aux fait de posséder des brevets d’invention ou des marques de commerce, en règle générale, aucune différence statistiquement significative n’a été observée entre les entreprises appartenant à des immigrants et les entreprises appartenant à des personnes nées au pays, note Statistique Canada.

L’étude a exploré plusieurs raisons pouvant expliquer les résultats liés aux innovations de produits et de procédés.

L’une d’entre elles est que les immigrants propriétaires de PME au Canada sont plus susceptibles d’être titulaires d’un diplôme universitaire que les personnes nées ici. Aussi, les immigrants titulaires d’un tel diplôme sont deux fois plus susceptibles d’avoir fait des études dans les domaines des sciences, de la technologie, du génie et des mathématiques que les personnes nées au Canada avec le même niveau d’éducation.

Bref, leur affinité avec l’innovation ne serait pas liée au fait qu’ils sont immigrants, mais plutôt parce qu’une plus grande proportion d’entre eux ont fait des études scientifiques, explique Statistique Canada dans son analyse.

Il est aussi possible que les résultats soient liés à certaines caractéristiques importantes du système d’immigration canadien, car environ 40 % des immigrants propriétaires de PME sont des immigrants de la catégorie économique.  Le gouvernement canadien sélectionne les immigrants économiques en partie selon leurs caractéristiques de capital humain pour améliorer leurs chances de succès sur le marché du travail canadien.

L’organisme fédéral de statistiques a utilisé les données de l’Enquête sur le financement et la croissance des PME de 2011, de 2014 et de 2017 pour réaliser cette analyse.

Cette étude fait partie d’un vaste effort de recherche visant à mieux comprendre la relation entre l’innovation et le succès des entreprises canadiennes, souligne-t-il: «Cet effort revêt une nouvelle importance compte tenu des répercussions économiques de la pandémie de la COVID-19, particulièrement sur les PME, lesquelles sont durement touchées.