Les PME étouffent sous le poids de leurs assurances en raison de la COVID-19

MONTRÉAL — La crise économique provoquée par la pandémie de COVID-19 affecte non seulement les revenus des PME, mais aussi leurs dépenses, leurs primes d’assurances ayant bondi de façon importante, dénonce la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI).

D’après un sondage mené auprès de ses membres, plus de la moitié des PME affirment avoir subi des hausses importantes du coût de leurs assurances commerciales. Parmi celles-ci, une entreprise sur six a vu ses primes bondir d’au moins 25 % au cours de la dernière année.

«Le poste budgétaire qui influence le plus l’aspect financier des PME présentement, c’est les primes d’assurances avant même les salaires et avant même les taxes», résume le vice-président des affaires nationales à la FCEI, Jasmin Guénette.

L’organisme demande à la fois au gouvernement du Québec et à l’industrie de l’assurance d’agir pour aider à soulager les entrepreneurs de cette lourde dépense obligatoire.

La FCEI suggère à Québec d’adopter une loi offrant une immunité en matière de responsabilité civile aux entreprises qui respectent toutes les consignes sanitaires prévues par la santé publique. Une telle loi protégerait les commerces contre un recours civil dans le cas où un client contracterait la COVID-19.

D’après M. Guénette, une telle protection viendrait apaiser certaines craintes des assureurs et pourrait réduire le coût des primes d’assurances commerciales. Il souligne que ce type de primes n’est pas entièrement calculé sur le comportement passé de l’entreprise, mais sur une évaluation du risque futur.

Comme ces assurances commerciales couvrent également les risques de pertes de revenus, les primes ont explosé face aux perspectives de fermetures prolongées et de ralentissement économique.

Selon les données du sondage de la FCEI, mené auprès 3939 membres, c’est évidemment le secteur de l’hôtellerie qui a souffert le plus. Une entreprise sur quatre a vu ses primes gonfler de plus de 25 %. Les autres secteurs les plus durement touchés sont ceux des transports et de l’agriculture.

Pire encore, près d’une PME sur 10 n’arrive tout simplement pas à trouver un assureur prêt à lui fournir une protection.

La FCEI plaide auprès de l’industrie de l’assurance pour que celle-ci adopte un moratoire sur la hausse des primes d’assurance commerciale pour la durée de l’actuelle pandémie de COVID-19.

«Tout le monde comprend qu’il vaut mieux d’avoir de bonnes relations à long terme entre les assureurs et les PME», fait remarquer M. Guénette en ajoutant que les PME représentent plus de 90 % des entreprises au pays.

«Personne n’est gagnant quand les clients ne sont pas capables de s’assurer parce qu’il y a moins d’entreprises qui sont disposées à le faire ou que les PME ne sont pas capables de payer», poursuit le vice-président de la FCEI.

Plusieurs groupes d’assureurs ont déjà prévu des programmes pour alléger le fardeau de leurs clients commerciaux et le regroupement qui défend les PME espère voir la pratique continuer de se répandre.

La FCEI doit s’adresser lundi au groupe de travail sur l’assurance commerciale créé par le Bureau d’assurance du Canada afin de trouver des solutions à cet enjeu majeur qui affecte les entreprises.

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