Les poids libres: en rupture de stock dans plusieurs magasins du Québec

MONTRÉAL — Faute de pouvoir aller au gym, les Québécois sont nombreux à s’équiper afin de poursuivre leur routine d’exercice à la maison. Résultat: presque plus de poids libres dans le rayon des sports, les bandes élastiques disparaissent rapidement et les tapis de yoga se font rares dans certains magasins à grande surface.

«C’est le jour et la nuit comparativement à l’an dernier», s’exclame le vice-président aux opérations chez Club Piscine Super Fitness, Marc Gentile, en ce qui concerne les ventes d’équipements d’entraînement qui ont dépassé les prédictions de l’entreprise surtout depuis le passage en zone rouge de plusieurs villes du Québec, explique-t-il en entrevue à La Presse Canadienne.

Parmi les trois articles qui suscitent le plus d’engouement, on retrouve les rameurs, les tapis roulants et les vélos d’exercice, fait-il remarquer.

Sans avancer de chiffres, il confirme avoir observé la semaine dernière ses meilleurs résultats en dix ans.

La pénurie d’haltères frappe plusieurs magasins Canadian Tire de la province depuis les huit derniers mois.

«Je reçois cinq à six clients par jour qui repartent déçus quand je leur dis qu’il n’y en a plus», détaille François-Luc St-Gelais, un employé de la section sports du Canadian Tire situé sur le boulevard Crémazie à Montréal.

L’employé voudrait bien rediriger les clients vers une autre enseigne, mais la pénurie affecte un grand nombre de Canadian Tire, dit-il.

Même scénario à la succursale de Sainte-Foy : «les gens nous téléphonent pour savoir si on en a», explique la gérante des sports Karine Breton. «Depuis le mois de mars, mes tablettes sont vides, ajoute-t-elle. Mercredi passé, j’ai finalement reçu une quarantaine d’haltères – tout est parti».

Même constat chez Club Piscine depuis plusieurs mois, confirme également M. Gentile. Pour ce qui est de la prochaine date de livraison «c’est difficile à dire. La commande devait arriver en août, mais elle se fait constamment repousser», remarque-t-il.

Chez Décathlon Canada aussi, les haltères disparaissent des rayons dès qu’ils y sont posés. «Il y a eu des ruptures de stock à un moment», raconte la directrice du marketing, Jaylone Lee. «On reçoit beaucoup de demandes sur les réseaux sociaux et au service à la clientèle pour les poids, mais également pour d’autres articles qui servent à s’entraîner, note-t-elle. Beaucoup de gens remplissent un formulaire pour être tenus informés de la disponibilité d’un article en magasin.»

La course aux elliptiques

Les tapis de yoga et bancs de musculation se font également de plus en plus rares chez Décathlon. Les élastiques sont si populaires qu’ils étaient en pénurie de stock dès le début de la saison, explique Mme Lee. Le détaillant a toutefois reçu un «gros lot de marchandise» récemment qui a permis de regarnir les rangées, assure-t-elle.

M. St-Gelais constate que les clients de son Canadian Tire s’arrachent même les appareils elliptiques. «Comme ils sont plus gros, ça ne part peut-être pas aussi vite que des petits articles», explique-t-il. Or, le jour de l’entrevue téléphonique, il avait déjà écoulé la moitié des stocks qu’il vend normalement en une semaine : «On a ouvert à 9h et j’en ai déjà vendu trois», a-t-il noté peu avant midi. Les gens achètent aussi des tapis roulants, renchérit sa gérante Flavie Brander.

S’entraîner à la maison

Quoi faire, alors, si notre quête d’équipement se heurte à des rangées vides? La fondatrice de Ma Zone Fit, Josée Lavigueur, conseille d’utiliser ce qui se trouve à la maison en guise de poids comme des bottines de ski ou des bouteilles de détergent à lessive.

Connue au Québec pour ses DVD, livres, conférences et chroniques à la télévision depuis les trente dernières années, Mme Lavigueur soutient que la musculation est importante et qu’il est possible d’en faire avec peu, voire sans équipement.

«Tous les exercices avec le poids du corps sont hyper payants, rapporte-t-elle, comme la planche, les pompes et les exercices qui engagent les abdominaux.»

Elle insiste sur l’importance de la routine, comme faire vingt pompes chaque matin.

«C’est possible d’ajuster les pompes, on peut les faire sur les genoux, mais aussi en angle avec les mains posées sur le comptoir de cuisine, sur les appuie-bras du sofa ou sur la table du salon. Plus on est près du sol, plus ça devient difficile», résume l’éducatrice physique.

«Si quelqu’un d’autre nous accompagne à la maison, on peut se lancer des petits défis : une série de redressements assis durant les pauses publicitaires quand on regarde la télé», propose l’experte en conditionnement physique.

Pour s’assurer que l’entraînement est efficace, les deux dernières répétitions doivent être difficiles, précise-t-elle.

L’élément le plus important demeure la pratique d’une activité «qui nous allume», dit Mme Lavigueur qui a lancé le «défi 28 jours» au début du mois d’octobre pour accompagner les Québécois à bouger durant le reconfinement partiel.

Elle invite les gens à prendre rendez-vous avec leur santé. «Il faut inscrire à l’agenda ce qu’on a l’intention de faire et à quel moment», explique-t-elle. Cela peut être aussi simple que sortir marcher mercredi à 17 h, dit-elle.

Ce reportage a été préparé dans le cadre du programme de Bourses Facebook et La Presse Canadienne pour les nouvelles.

Laisser un commentaire