Les policiers de la GRC font des recommandations à la commission sur la tuerie en NÉ

HALIFAX — L’association qui représente les quelque 20 000 membres de la GRC a soumis mercredi une longue liste de recommandations à la commission d’enquête sur la tuerie d’avril 2020 en Nouvelle-Écosse, en insistant sur la pénurie de personnel.

La Fédération de la police nationale recommande notamment au gouvernement provincial de revoir la façon de payer pour les services de police. L’association souligne que la formule actuelle de «paiement par policier» encourage les municipalités à réduire les effectifs au strict minimum.

Lorsqu’un homme armé déguisé en policier de la GRC a commencé à tuer des gens à Portapique, le soir du 18 avril 2020, le détachement voisin de la police fédérale, à Bible Hill, disposait de quatre policiers des services généraux, soit deux de moins qu’un effectif complet, souligne la fédération. Et l’équipe d’intervention d’urgence a réuni 12 policiers alors qu’il en aurait fallu 18. Certains policiers ont dû travailler trois quarts de travail pour compenser le manque d’effectif.

«Les détachements fonctionnent régulièrement avec l’effectif minimal, et aucun des rôles de détachement ou de supervision de district n’est occupé la fin de semaine ou après les heures normales de travail», indique la fédération dans son mémoire de 21 pages. Cela reflète en grande partie le manque de ressources adéquates pour les services de police dans les régions rurales et éloignées de la Nouvelle-Écosse.»

La fédération souhaite que la GRC de la Nouvelle-Écosse reçoive un financement stable grâce à une nouvelle formule qui devrait être liée à la fourniture d’un «effectif policier minimum», 24 heures sur 24, et tenir compte de la planification des pires scénarios. L’association aimerait également qu’il y ait 24 policiers à temps plein au Groupe tactique d’intervention et quatre postes à temps plein au service des chiens policiers. 

Outre des ressources supplémentaires, la fédération souhaite un nouvel ensemble de normes policières pour la formation, l’équipement, la technologie et les services spécialisés, qui s’appliqueraient également aux corps policiers municipaux. Le ministère de la Justice de la Nouvelle-Écosse travaille déjà sur un ensemble de normes.

L’enquête a notamment appris qu’il y avait des tensions entre la GRC et les corps de police municipaux.

Santé mentale des agents et des victimes

Sur un autre front, la fédération a demandé de meilleurs soutiens en santé mentale pour les policiers exposés à des événements traumatisants. Selon un sondage mené auprès des membres de la GRC plus tôt cette année en Nouvelle-Écosse, 72 % des répondants ont déclaré que la tuerie avait eu un «impact notable» sur leur santé mentale.

La fédération suggère aussi que le gouvernement provincial et la GRC s’occupent mieux des victimes d’actes criminels, en particulier celles qui ont perdu des êtres chers dans une fusillade de masse. On recommande notamment une meilleure formation et de meilleurs protocoles pour les agents de liaison avec les familles.

La fédération demande également que davantage d’officiers et de personnel soient appelés au poste de commandement en cas d’incident grave. Elle recommande aussi un meilleur accès aux hélicoptères — il n’y en avait pas de disponible la nuit de la tuerie — ainsi qu’un meilleur accès à la cartographie par satellite.

La Commission des pertes massives a enquêté notamment sur les raisons pour lesquelles il avait fallu 13 heures à la GRC pour maîtriser le forcené qui avait eu le temps de tuer 22 personnes dans le nord et le centre de la Nouvelle-Écosse en avril 2020.

L’enquête, qui a clôturé les audiences publiques en septembre, a appris que Gabriel Wortman, denturologiste à Dartmouth, avait agressé sa conjointe le soir du 18 avril 2020, puis avait tué par balle 13 personnes à Portapique, alors qu’il était déguisé en policier fédéral et conduisait une autopatrouille en tous points identique à un véhicule de la GRC.

Le lendemain matin, il a tué neuf autres personnes – dont une policière de la GRC et une femme enceinte – avant que deux policiers fédéraux ne l’abattent dans une station-service à Enfield, à une centaine de kilomètres au sud de Portapique.

La commission d’enquête fédérale-provinciale, composée de trois membres, devrait remettre son rapport final d’ici le 31 mars 2023.

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