ALÉNA: le gouverneur du Maine dit de ne pas s’en faire avec les propos de Trump

CHARLOTTETOWN — Un allié de Donald Trump assure que le président des États-Unis croit au libre-échange et que les Canadiens doivent prendre ses propos avec un grain de sel.

Le gouverneur du Maine, Paul LePage, qui était à Charlottetown lundi pour une rencontre entre les premiers ministres de l’est du Canada et les gouverneurs de la Nouvelle-Angleterre, a indiqué avoir parlé à Donald Trump à ce sujet. Selon lui, tous les enjeux liés à l’Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA) «peuvent être réglés».

«N’accordez pas trop d’importance à ce que vous entendez parfois. Il croit vraiment au libre-échange, et à un commerce franc et solide entre les deux pays», a affirmé M. LePage.

M. Trump a de nouveau laissé entendre, dimanche, que l’ALÉNA devrait être déchiré, écrivant sur Twitter que le Canada et le Mexique se montraient «très intransigeants».

M. Trump a répété ses critiques sur l’ALÉNA, lundi, durant une conférence de presse avec le président de la Finlande, parlant de nouveau de l’un des pires accords commerciaux de l’histoire.

Le président a soutenu que les États-Unis devront probablement amorcer le processus de résiliation avant d’obtenir un accord équitable.

«Il a s’agit d’une entente à sens unique — et cela inclut le Canada, en passant. Beaucoup de respect pour le Canada, beaucoup d’amour pour le Canada, mais il s’agit d’une entente à sens unique pour le Canada et pour le Mexique (…) La situation est injuste depuis trop longtemps», a déclaré M. Trump.

M. LePage, qui a fait campagne à plusieurs reprises avec M. Trump, avait affirmé plus tôt lundi que le Canada avait probablement peu de raisons de s’inquiéter.

«Je ne crois pas vraiment qu’il soit aussi préoccupé concernant le Canada qu’il puisse l’être à l’égard du Mexique», a-t-il affirmé.

L’importance du commerce transfrontalier

Les premiers ministres de l’est du Canada et les gouverneurs de la Nouvelle-Angleterre ont mis fin à leur rencontre par une résolution soulignant l’importance du commerce transfrontalier pour leur économie respective.

Le gouverneur du Connecticut, le démocrate Dannel Malloy, a dit espérer que le discours politique émanant de Washington n’empêchera pas de rafraîchir et de moderniser l’ALÉNA.

Le gouverneur du Vermont, le républicain Philip Scott, a affirmé que les gouverneurs réalisent l’importance de la relation commerciale avec le Canada et a estimé que le bon sens mènera à une entente mutuellement bénéfique.

M. LePage a par ailleurs proposé que les leaders réunis à Charlottetown unissent leurs forces au sujet d’un autre irritant commercial: le bois d’oeuvre. M. LePage souhaite qu’ils signent une lettre appuyant les exemptions de taxe frontalière sur le bois d’oeuvre pour le Canada atlantique et le Québec.

Selon M. LePage, la pression au sujet de cette taxe vient de la coalition américaine des producteurs de bois d’oeuvre. Il a affirmé que l’industrie américaine était irresponsable, et que si de nouvelles taxes frontalières demeuraient en place, l’économie des deux pays subira des dommages collatéraux.

En juin, le département américain du Commerce a ajouté un droit préliminaire antidumping de 6,87 pour cent sur l’industrie canadienne.

L’imposition de droits compensatoires préliminaires de 19,88 pour cent a par ailleurs officiellement pris fin samedi, mais une décision finale du département américain du Commerce sur les droits est attendue d’ici novembre.

M. LePage estime que cet enjeu doit être résolu rapidement, soulignant que le Texas aura besoin de beaucoup de bois d’oeuvre pour la reconstruction dans la foulée du passage de l’ouragan Harvey.

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