Les proches de Jean Lapointe lui rendent un dernier hommage samedi

MONTRÉAL — Les funérailles privées de l’acteur, chanteur et sénateur Jean Lapointe ont été célébrées samedi avant-midi à Montréal.

Famille, amis et dignitaires ont assisté à la cérémonie à l’intérieur de l’église Saint-Viateur d’Outremont, qui était bondée. Plusieurs politiciens, actuels ou retraités, étaient sur place, dont l’ancien premier ministre du Canada Jean Chrétien, qui l’avait nommé sénateur, et qui a pris la parole durant la cérémonie, le qualifiant d’un des plus grands francophones du Québec et du Canada.

«Quel exemple pour la jeunesse d’aujourd’hui!», a conclu M. Chrétien visiblement ému par le départ de son ami qui a aidé tant de gens à se sortir de l’alcoolisme et qui s’est battu contre d’autres dépendances, comme celle aux appareils de loterie vidéo.

À son arrivée à l’église, le premier ministre du Québec, François Legault, s’est brièvement adressé aux médias.

«Pour moi, c’était important d’être ici aujourd’hui. Jean Lapointe était un artiste exceptionnel qui avait tous les talents», a-t-il déclaré en faisant un survol de sa carrière autant sur scène qu’à l’écran, puis en politique. 

«Les plus vieux comme moi s’en rappellent, les Jérolas. Il nous a fait rire (…) Des chansons aussi après en solo qui ont marqué le Québec. Qui ne connaît pas “Chante-la ta chanson”?», a-t-il poursuivi.

Jean-Pierre Ferland, Benoît Brière, Louise Latraverse, Winston McQuade et Claude Meunier ne sont que quelques-unes des figures de la scène artistique qui étaient aussi à l’église bondée pour cet ultime hommage à Jean Lapointe. Pierre Karl Péladeau, Denis Coderre et Paul St-Pierre Plamondon étaient également présents pour honorer la mémoire de celui qui a siégé au Sénat canadien de 2001 à 2010.

Au cours de la célébration, la chanteuse Marie-Élaine Thibert a interprété «Si on chantait ensemble», un morceau que Jean Lapointe a écrit il y a 40 ans, ainsi que «Les fleurs malades». L’émotion s’est fait sentir.

«Tu as littéralement réinventé la façon de jouer au cinéma et à la télévision québécoise (…) Il y a eu un avant et un après-Jean Lapointe, a souligné le comédien Benoît Brière lors de son hommage. Avec ton naturel désarmant, ton jeu était à la limite du documentaire (…) Ce que toute école de théâtre s’évertue à enseigner, chez toi, c’était instinctif et inné. C’est chien!», a-t-il ajouté, suscitant les rires de la salle. 

M. Legault a aussi fait référence à «Duplessis», une série qui a marqué la télévision québécoise, dans laquelle Jean Lapointe a interprété le rôle-titre.

«Il a aussi lutté contre les préjugés, entre autres l’alcoolisme (…), lui l’a avoué. Il a créé la Maison Jean-Lapointe. Après comme sénateur il s’est battu contre les appareils vidéo, donc il y a des millions de Québécois qui lui disent aujourd’hui un grand merci».

Le drapeau du Québec a été mis en berne sur la tour centrale de l’hôtel du Parlementpour l’occasion.

En plus de sa carrière dans le monde de la télévision et du cinéma, Jean Lapointe s’est longtemps impliqué dans la lutte contre la dépendance aux drogues et aux jeux d’argent.

En 1982, il a fondé la Maison Jean Lapointe, un organisme dont la mission est d’améliorer la qualité de vie des personnes en matière de substances et de dépendances.

Le directeur émérite de la Maison Jean Lapointe, Rodrigue Paré, a récité en l’honneur de son collègue une prière de sérénité «utilisée dans tous les groupes d’entraide au Québec et au Canada».

Les membres de la famille ont à leur tour rendu un hommage émouvant à Jean Lapointe. Son fils Jean Marie avait du mal à contenir ses larmes lors de la cérémonie. 

«Notre père nous a fait la démonstration dans les dernières années qu’on pouvait être beau en étant vulnérable. Il était capable de s’abandonner, de se laisser aider, et je pense même qu’il avait l’air d’aimer ça qu’on prenne soin de lui. C’est un enseignement ça», a-t-il dit, se remémorant les derniers moments de son père à la Maison de soins palliatifs Saint-Raphaël. 

Juste avant son discours, la voix de sa sœur, Anne Elizabeth, a rempli l’église Saint-Viateur alors qu’elle a chanté a capella «Complainte à mon frère», que Jean Lapointe chantait dans le film «Les Ordres».

«C’est un petit peu chien de passer après toi, Babeth (…) C’est le plus bel hommage à papa que tu pouvais faire», a souligné Jean Marie Lapointe.  

Plus tôt, Marie Josée, une des filles issues du premier mariage de Jean Lapointe, a pris la parole, même si elle a dit avoir hésité à sortir de l’ombre, elle qui n’a pas grandi avec son père.

«Mon père était un être humain complexe, multiniveaux, imparfait, comme nous le sommes tous et toutes ; un homme qui aura vaincu plus d’une fois les ravages de ses accoutumances ; un homme qui s’est relevé maintes et maintes fois pour affronter ses démons», a-t-elle dit dans l’église. 

Jean Marie Lapointe a livré le dernier témoignage de la cérémonie funéraire en remerciant son père de lui avoir enseigné «l’importance d’avoir des bons amis et d’en prendre soin». 

Alors que l’urne était bénie, l’acteur et chanteur Frayne McCarty a interprété «I Believe» et «What a Wonderful World».

Jean Lapointe était connu entre autres pour ses talents d’acteur, de chanteur et d’humoriste, ainsi que pour son implication dans la lutte contre la dépendance et la toxicomanie. Il a également siégé au Sénat canadien pendant presque 10 ans.

Jeudi soir, la population a pu lui rendre un dernier hommage lors d’une chapelle ardente organisée par la famille en l’église Saint-Viateur d’Outremont. Quelques centaines d’admirateurs se sont déplacés pour honorer sa mémoire, de même que certains de ses collègues, comme l’ancien premier ministre du Canada Brian Mulroney.

Cet article a été produit avec le soutien financier des Bourses Meta et La Presse Canadienne pour les nouvelles.

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