Les professeurs de l’Université Laval se dotent d’un mandat de grève

MONTRÉAL — Les professeurs de l’Université Laval viennent de se doter d’un mandat de grève d’une durée de deux semaines.

La grève envisagée par le Syndicat des professeurs et professeures de l’Université Laval (SPUL) aura lieu du 20 février au 3 mars, à moins de progrès significatifs d’ici là.

C’est à 96 % qu’ils ont voté en faveur d’un tel mandat, lors d’une assemblée générale. Le syndicat représente 1300 professeurs.

En entrevue mardi, le président du syndicat, Louis-Philippe Lampron, a expliqué que c’est pour donner une bonne chance à la négociation que la date du déclenchement de la grève a été fixée au 20 février.

«C’est justement pour ça qu’on a choisi de proposer aux membres un mandat de deux semaines, d’une part, mais également un mandat qui ne doit pas être exercé tout de suite, qui ne pend pas comme une épée de Damoclès. On a voulu qu’il y ait une prévisibilité. C’est pour ça qu’on a reporté le début d’une éventuelle grève à un mois plus tard, au 20 février, pour envoyer le message à l’employeur que les collègues sont massivement derrière les revendications qui sont portées à la table de négociation», a expliqué M. Lampron.

Le syndicat espère ne pas en venir à devoir exercer son mandat de grève.

«Le mandat qu’on a obtenu des collègues, c’est de ne pas faire la grève si le comité de négos constate des avancées significatives pour chacun de ces quatre piliers», a-t-il rapporté.

Les «piliers» sont les quatre revendications principales du SPUL, à commencer par les salaires. Le SPUL réclame des augmentations de salaire qui tiennent compte de l’inflation, en plus d’un rattrapage par rapport aux autres universités réputées pour faire beaucoup de recherche.

Deuxièmement, il revendique une diminution du fardeau de tâches. M. Lampron rapporte que le nombre d’étudiants à l’Université Laval a crû, alors que ce n’est pas le cas pour le nombre de professeurs, ce qui a entraîné une augmentation du ratio prof-étudiants.

Finalement, il réclame une protection du principe de direction collégiale de l’université, ainsi qu’une meilleure protection des professeurs en arrêt de travail, de maladie ou en précarité d’emploi.

Direction prête à négocier rondement

Invitée à commenter, la direction de l’Université Laval a confirmé avoir reçu le message du syndicat. «Les moyens de pression sont toujours une possibilité au cours d’une négociation collective. Ils sont encadrés par le Code du travail.»

La direction se dit prête à négocier rondement. «Dans le cadre de la négociation entre l’Université Laval et le SPUL, des rencontres ont eu lieu régulièrement et d’autres sont déjà prévues au calendrier. Il convient donc de laisser les parties échanger. Nous espérons que les discussions se poursuivront rondement, dans le but d’en arriver à une entente dans les meilleurs délais.»

La vice-rectrice aux études et aux affaires étudiantes, responsable de la santé, Cathia Bergeron, a adressé un message aux étudiants, en cas de grève. «Aux membres de la communauté étudiante, notez que si le SPUL choisit de recourir à des moyens de pression ou de se prévaloir du mandat de grève dont il s’est doté, nous vous en informerons rapidement et les plans de contingences requis seront déployés», affirme-t-on.

Déception du Conseil du Trésor

Le Secrétariat du Conseil du Trésor s’est dit «déçu» que l’AFPC «ait choisi de demander des votes de grève au lieu de se concentrer sur la négociation de conventions collectives pour ses membres».

«Dans le processus de négociation collective, les grèves sont un dernier recours. Nous croyons qu’il y a une grande marge de manœuvre pour négocier une entente juste et raisonnable pour les fonctionnaires. Nous demandons à l’AFPC de retourner à la table de négociation», peut-on lire dans une déclaration envoyée par courriel.

Le Secrétariat du Conseil du Trésor souligne qu’il y a déjà eu la signature d’«une entente avec un autre agent négociateur qui prévoit des augmentations salariales de plus de 10 % sur quatre ans».

«De telles augmentations correspondent à celles d’autres conventions collectives comparables de la fonction publique qui sont établies ailleurs au Canada. Nous sommes convaincus que des résultats semblables peuvent être atteints pour d’autres fonctionnaires à la table de négociation. Et plus vite nous y parvenons, plus vite les fonctionnaires obtiendront leurs augmentations salariales.»

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