Les profs franco-ontariens votent à 97 % en faveur d’une grève

OTTAWA — En réaction au manque de progrès dans la négociation avec les conseils scolaires, les enseignants franco-ontariens ont voté à 97 % en faveur d’un mandat de grève, un moyen de pression qui vient donner des munitions au syndicat.

L’Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariens (AEFO) a organisé ce vote de grève à la suite de nombreuses semaines de discussions infructueuses avec le gouvernement ontarien et le Conseil des associations d’employeurs (CAE), qui représente douze conseils scolaires de langue française.

Par voie de communiqué, le président de l’AEFO, Rémi Sabourin dénonce les demandes de la partie patronale qui chercherait à retirer des acquis aux enseignants.

«Ce résultat de 97 % nous place dans une position de force à la table de négociation pour défendre les droits et les conditions de travail de nos membres», peut-on lire dans une citation attribuée à M. Sabourin.

Les points d’achoppement seraient multiples, d’après le syndicat et porteraient sur les conditions de travail, les droits des enseignants ainsi que sur des exigences du gouvernement qui, selon les professeurs, «auraient des conséquences désastreuses pour l’apprentissage des élèves».

Le syndicat s’oppose particulièrement à l’obligation pour les élèves de devoir suivre deux cours en ligne pour obtenir leur diplôme d’études secondaires. Il rejette également la volonté d’augmenter le nombre d’élèves par classe.

D’autres séances de négociation sont prévues en janvier.

La semaine dernière, les quatre principaux syndicats d’enseignants de l’Ontario ont annoncé qu’ils contesteraient devant les tribunaux la loi provinciale qui plafonne les augmentations salariales dans le secteur public.

D’autres moyens de pression ont été mis en place depuis le début du mois par divers syndicats d’enseignants ontariens. Certains ont entrepris une grève du zèle et refusent d’organiser des sorties scolaires et de distribuer les communications de la direction.

Des journées de grève ont également déjà eu lieu depuis novembre alors que la tension monte entre les enseignants et le ministre de l’Éducation Stephen Lecce.

Ce dernier s’est dit déçu de voir que le syndicat a fait un pas de plus vers la grève qui, selon lui, ferait du tort aux élèves et aux parents.

L’AEFO assure cependant qu’elle n’a pas l’intention de déclencher la grève avant les prochaines négociations.