Les progressiste font pression sur Joe Biden pour qu’il adopte leurs priorités

WILMINGTON, Del. — Les progressistes font pression sur le président désigné Joe Biden pour qu’il adopte leurs priorités alors que les démocrates plus centristes jugent que ce sont ces propositions trop à gauche qui pourraient coûter la majorité du parti au Sénat.

Pour l’instant, les progressistes se concentrent à tenter d’influencer les nominations du prochain président, qui s’affaire à composer son administration qui entrera en fonction en janvier.

Le groupe de réflexion de gauche Progressive Change Institute s’est associé à plus de 40 groupes militants et a publié vendredi une liste détaillée de 400 experts en politique progressiste auxquels ils veulent que Joe Biden fasse appel. D’autres groupes progressistes ont signé une lettre cette semaine pour dissuader le président désigné à placer dans son cabinet des candidats ayant des liens avec de grandes entreprises.

«C’est absolument l’occasion de pousser M. Biden à faire le nécessaire pour répondre au moment», a indiqué David Segel, ancien représentant du Rhode Island et directeur principal de Demand Progress, qui fait partie de ceux qui ont signé les lettres.

«Et cela signifie une solide réponse économique, une réponse solide en matière de soins de santé, une volonté de lutter contre le pouvoir concentré des entreprises qui fomente les inégalités. Et il a le mandat de faire tout cela.»

Des tensions en vue

C’est probablement le début d’un long débat sur l’avenir du Parti démocrate. Certains élus centristes ont jugé que le virage à gauche du parti est responsable de la performance décevante des démocrates à la Chambre des représentants et au Sénat, qui pourrait encore être contrôlé par les républicains en janvier.

Cela crée des tensions pour un parti qui devrait être en lune de miel de sa victoire contre un président sortant — ce qui n’est pas arrivé depuis presque 30 ans.

«Nous sommes une grande famille. Il y a beaucoup de parties différentes dans la famille», a affirmé Mitch Landrieu, l’ancien maire démocrate de la Nouvelle-Orléans qui a la réputation d’être un centriste.

«C’est une discussion qui est bienvenue, car le pays change radicalement et nous devons réfléchir à la manière de naviguer vers l’avenir. »

Une grande partie de l’accent sera mis sur la façon dont Joe Biden forme son administration. Dans une lettre publiée plus tôt cette semaine, les principaux groupes progressistes ont demandé à M. Biden de «refuser de nommer ou d’embaucher des dirigeants d’entreprise, des lobbyistes et d’éminents consultants en entreprise pour occuper des postes élevés».

Ils l’ont aussi encouragé à faire plusieurs nominations pendant que le Congrès ne siège pas et à se prévaloir d’une loi datant de 1998 lui permettant d’effectuer des nominations à des postes administratifs pendant plus de 200 jours sans l’approbation du Sénat.

Faire l’un ou l’autre empêcherait les républicains du Sénat de bloquer les principaux choix de Joe Biden — en particulier les plus progressistes dont les nominations seraient confrontées aux processus de confirmation les plus difficiles. De plus, les groupes ont envoyé une lettre similaire aux démocrates du Sénat les encourageant à demander des comptes au président désigné sur ces questions.

Une administration au centre?

Joe Biden a promis d’élargir les règles d’éthique de l’administration Obama en limitant les intérêts des lobbyistes et des entreprises au sein du gouvernement, un virage important de l’actuelle administration Trump qui entretient des relations amicales avec les grandes sociétés. Mais il est aussi conseillé par des gens avec beaucoup d’expérience à Washington et il fait souvent des appels pour le bipartisme et l’unité — ce suggère que sa nouvelle administration pourrait pencher davantage au centre.

M. Biden a remporté la présidence en refusant d’adhérer aux priorités les plus progressistes de son parti, dont l’assurance-maladie pour tous et le «Green New Deal», un ensemble de propositions draconiennes pour lutter contre le changement climatique.

«Nous supposons qu’il veut mettre en œuvre le programme pour lequel il a fait campagne et pour le mettre en œuvre, il aura besoin de membres de son administration qui s’engagent à faire avancer les choses pour le bien public», a avancé Stephanie Taylor, cofondatrice du Progressive Change Institute.

«S’il avait des lobbyistes d’entreprise dans son administration, cela ferait dérailler son programme.»

Lauren Maunus, du Sunrise Movement — une organisation de jeunes militants qui promeut le Green New Deal — a soutenu que Joe Biden avait battu Donald Trump en «adoptant une vision rooseveltienne» qui comprend le plan environnemental le plus ambitieux de l’histoire des États-Unis.

«Il a été élu sur la promesse d’être un président du climat, a-t-elle indiqué. Nous pensons qu’il est à la fois populaire et politiquement avantageux de s’appuyer sur ce rôle.»

Les affrontements commenceront à prendre une forme plus concrète à mesure que M. Biden fera plus de choix pour sa nouvelle administration. Jusqu’à présent, il n’en a fait qu’un seul, majeur, en nommant son conseiller de longue date Ron Klain comme chef de cabinet. M. Klain était responsable de la réponse de l’administration Obama à l’épidémie d’Ebola de 2014 aux États-Unis, et le choix a été applaudi par les démocrates modérés et progressistes.

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