Les provinces appelées à décréter un jour férié pour la Journée de la réconciliation

Alors que le Canada a tenu vendredi sa deuxième Journée nationale de la vérité et de la réconciliation, les provinces et les territoires font face à une pression grandissante afin de la reconnaître comme un jour férié.

Actuellement, seuls le Nouveau-Brunswick, l’Île-du-Prince-Édouard, les Territoires du Nord-Ouest et le Nunavut ont déclaré le 30 septembre un jour férié, suivant l’exemple du gouvernement fédéral.

Toutefois, Murray Sinclair, qui a présidé la Commission de vérité et réconciliation du Canada, a souligné lors d’un événement à Ottawa que de nombreux gouvernements ont rapidement agi pour reconnaître la mort de la reine. Il souhaiterait donc que les survivants des pensionnats aient droit au même genre de réponse.

«Ce n’est pas un concept radical, pour faire une pause et réfléchir. On le fait assez souvent pour d’autres événements», a-t-il rappelé, citant notamment le jour du Souvenir, le 11 novembre.

Le chef régional Terry Teegee, de l’Assemblée des Premières Nations de la Colombie-Britannique, a estimé que, trois ans après que le gouvernement provincial a adopté la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones, le fait de ne pas désigner le 30 septembre comme jour férié est un «grave obstacle» au processus de réconciliation.

«Un jour de l’année dédié à honorer les survivants et à s’asseoir pour écouter leurs histoires, ce n’est pas trop demander», a plaidé le chef Teegee.

«Si la Colombie-Britannique est véritablement engagée dans la réconciliation, elle doit accorder la priorité à la commémoration publique de la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation en tant qu’élément essentiel du processus de guérison.»

Le ministre des Relations avec les Autochtones et de la Réconciliation de la Colombie-Britannique a assuré dans un communiqué que la province discutait avec les peuples autochtones afin de déterminer l’avenir de cette journée.

«Nous nous concentrons sur la collaboration avec les dirigeants et les communautés autochtones pour marquer le 30 septembre d’une manière qui correspond à la façon dont ils aimeraient voir leur journée être soulignée», a expliqué le ministère.

Une journée «de réflexion»

À Ottawa, M. Sinclair a rappelé que la journée devait être «une journée de réflexion et de discussion».

«Il faut que les Canadiens prennent une journée pour s’ouvrir aux survivants, les écouter et se résoudre à faire mieux dans les 364 autres jours de l’année», a-t-il lancé.

Le premier ministre Justin Trudeau a mentionné vendredi à une foule réunie à Niagara Falls, en Ontario, que la vérité et la réconciliation ne sont pas seulement des choses du passé.

«C’est une journée pour se souvenir, pour pleurer, pour faire un pas de plus vers la guérison. Mais c’est aussi une journée pour que les peuples non autochtones reconnaissent que vous ne devriez pas avoir à porter ce fardeau seuls», a-t-il souligné.

Au Yukon, la cheffe du NPD, Kate White, a annoncé que le parti déposerait un projet de loi pour faire de cette journée un jour férié dans le territoire.

Au Québec, la cheffe libérale Dominique Anglade a estimé que le 30 septembre devrait être un jour férié, mais le premier ministre François Legault s’y était opposé l’an dernier, estimant que «nous avons besoin de plus de productivité au Québec».

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