Les Québécois commencent à voir le «vrai visage» de la CAQ, dit l’opposition

QUÉBEC — Les nuages de la COVID-19 se dissipent pour dévoiler le vrai visage du gouvernement caquiste de François Legault, estiment les partis d’opposition.

Ils dressaient vendredi un bilan de la dernière session parlementaire, marquée par une troisième vague de COVID-19, qui heureusement semble s’estomper.

Dans ce contexte, les Québécois seront plus à même de constater les faiblesses du gouvernement Legault, qui présente des projets électoralistes, sans transparence, et avec une bonne dose d’arrogance, selon Dominique Anglade.

La cheffe de l’opposition libérale a continué vendredi de dépeindre le premier ministre François Legault comme un homme du passé, obsédé par sa réélection, en l’associant à l’ère Duplessis.

«Au fur et à mesure que les nuages s’éclaircissent par rapport à la pandémie, les gens commencent à voir le vrai visage du gouvernement, a-t-elle déclaré. Ils vont se rendre compte qu’il y a des explosions de coûts dans ses obsessions électorales.»

Le projet de troisième lien routier à 10 milliards $ pour relier Québec et Lévis est le «symbole parfait de tout ce qui cloche dans le projet de société que présente François Legault», a illustré Gabriel Nadeau-Dubois.

«C’est un projet rétrograde, antiscientifique, qui nous éloigne du grand défi de ma génération, qui est celui de lutter contre les changements climatiques», a martelé le leader parlementaire de Québec solidaire (QS).

Il prend également pour exemples les maternelles quatre ans «que personne ne veut» et les maisons des aînés «qui vont répondre à une fraction des besoins à un coût énorme».

«Ces petites obsessions-là vont rattraper François Legault parce que les Québécois ne sont pas intéressés par ça», a-t-il dit.

Selon M. Nadeau-Dubois, les Québécois s’intéressent plutôt aux grands chantiers qui pourraient «propulser» le Québec vers l’avant, tels que la transition écologique et le réinvestissement massif dans le logement social.

Sur le plan de l’éthique, les gens ont vu par ailleurs que le premier ministre était prêt à tout pour défendre ses ministres «chouchous», comme Pierre Fitzgibbon, blâmé à répétition par la commissaire à l’éthique, a-t-il soutenu. 

Le premier ministre, accuse-t-il, s’est «essuyé les pieds sur le code d’éthique des députés de l’Assemblée nationale» en tolérant pendant trois ans les manquements de son ex-ministre. 

Chose certaine, les partis d’opposition souhaitent fermer la parenthèse de la pandémie pour aborder à l’automne des enjeux plus politiques. Le Québec sera alors à un an des prochaines élections générales.

Ils admettent avoir souffert de manque de visibilité pendant la crise de la COVID-19, si bien que la plupart de leurs députés travailleront sur le terrain cet été à essayer de rattraper le temps perdu. 

C’est le cas du nouveau chef du Parti québécois (PQ), Paul St-Pierre Plamondon, qui entamera une tournée régionale dans le but de se faire connaître de la population à temps pour les élections.

«Il y a un choc des titans, un choc de vision du Québec qui va avoir lieu cet automne, prévient-il. Pourquoi? Parce que la pandémie sera terminée, et on pourra aller au fond des choses relativement à plusieurs décisions du gouvernement.»

En attendant, le chef péquiste s’explique mal la popularité constante de François Legault, surtout compte tenu du fait qu’il y a eu «substantiellement plus de décès» au Québec qu’ailleurs en raison de la COVID-19. Un «paradoxe», a-t-il souligné.

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