Les Québécois se rendent aux urnes pour les élections générales

MONTRÉAL — Les Québécois se rendent aux urnes lundi après une campagne électorale de cinq semaines dominée par des enjeux tels que l’immigration, l’environnement et la hausse du coût de la vie.

Les sondages suggèrent que le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault, est sur le point d’atteindre une deuxième majorité, avec un soutien de plus de 20 points de pourcentage supérieur à celui de son plus proche rival.

Le parti de M. Legault affronte notamment le Parti libéral du Québec, Québec solidaire, le Parti québécois et le Parti conservateur du Québec, qui sont tous dans les sondages entre 11 et 18 %.

Les chefs de parti ont passé la fin de semaine à sillonner le Québec pour faire un dernier appel au vote aux électeurs indécis et s’assurer que leurs partisans se rendent aux urnes.

À l’ajournement des travaux parlementaires, la CAQ comptait 76 sièges, tandis que les libéraux en avaient 27, Québec solidaire, 10 et le Parti québécois, 7. Le Parti conservateur du Québec détenait un siège et il y avait quatre députés indépendants.

La victoire de M. Legault aux élections provinciales de 2018 a marqué le début d’une nouvelle ère dans la politique québécoise après près de 50 ans d’alternance entre libéraux et péquistes. 

Cette fois-ci, M. Legault propose une continuité plutôt qu’un changement.

Avec le slogan de campagne «Continuons», le chef de la CAQ a promis de réduire les impôts, d’augmenter les prestations aux aînés et de lutter contre la hausse du coût de la vie. Cependant, M. Legault a fait face à des critiques sur ses commentaires controversés sur l’immigration ainsi qu’à des accusations de ses rivaux selon lesquelles il n’est pas suffisamment préoccupé par les changements climatiques.

Les experts disent que même si tout sauf une victoire de Legault serait une surprise, il y a encore beaucoup à observer le soir des élections. Cela inclut le sort du Parti libéral du Québec et du Parti québécois, qui se battent pour conserver des circonscriptions qu’ils considéraient autrefois comme des châteaux forts.

Les conservateurs espèrent une percée après avoir remporté moins de 2 % du vote en 2018, tandis que Québec solidaire espère traduire sa popularité auprès des jeunes électeurs par une augmentation du nombre de sièges.

Avec des courses serrées à deux et à trois dans plusieurs circonscriptions, la participation électorale pourrait s’avérer cruciale. Le taux de participation aux dernières élections provinciales du Québec en 2018 était de 66,45 %, une baisse de près de 5 % par rapport à l’élection précédente.

Cette année, un million et demi d’électeurs, soit plus de 24 %, ont déjà voté par anticipation.

Difficile de dire si ce taux élevé peut prédire une participation plus importante globalement.

«Lors des dernières élections générales, le taux de participation au vote par anticipation était plus élevé que jamais, mais le taux global, lui, a été plus bas. On ne peut pas faire de corrélation entre les deux», a précisé la porte-parole d’Élections Québec, Julie St-Arnaud Drolet.

Pénurie de personnel et attente

Lundi, les bureaux de vote sont ouverts de 9h30 à 20h.

Tous ceux qui sont en file avant 20h pourront voter, même s’il y a du retard au bureau de vote, a assuré Mme St-Arnaud Drolet.

D’ailleurs, malgré le manque de personnel dans certaines circonscriptions, l’attente ne devrait pas être beaucoup plus longue qu’il y a quatre ans, selon la porte-parole.

«Ça devrait être similaire et les lieux de vote où il y aura un peu moins de personnel, les mesures en place devraient quand même permettre que ce soit fluide», a-t-elle indiqué.

Élections Québec dit avoir eu des problèmes de recrutement dans une dizaine de circonscriptions seulement.

Un employeur doit permettre à ses employés d’aller voter, en accordant au moins 4 h consécutives, sans diminution de salaire ni autre sanction, rappelle Élections Québec.

Les électeurs qui découvriraient à la dernière minute qu’ils sont atteints de la COVID-19 auront quand même la possibilité de voter. Ils doivent mandater un proche pour aller chercher une trousse de vote, qui doit être ramenée avant 20h au bureau de vote ou au bureau du directeur de scrutin.

Les chefs votent

Le chef caquiste François Legault a rappelé ses engagements électoraux lundi, jour du scrutin, ce qui ne se fait pas habituellement.

Il est allé bien plus loin que d’inciter simplement les électeurs à aller voter, le message habituel que transmettent les chefs le jour du vote.

Le chef de la CAQ s’est adressé à une foule de militants réunis au quartier général électoral régional de Québec, situé dans la circonscription Vanier- Les Rivières.

Il a énoncé les priorités qu’il a établies pour son éventuel prochain mandat.

M. Legault a également fait référence à des épisodes de la campagne concernant l’immigration et la défense du français.

Le chef de la CAQ termine ainsi sa campagne dans Québec, une région caquiste, mais maintenant convoitée par le Parti conservateur d’Éric Duhaime, qui espère y faire une percée.

M. Legault n’a pas voté lundi. En effet, il a rompu avec la tradition voulant que les chefs votent le jour du scrutin.

Il est plutôt allé voter par anticipation dimanche de la semaine dernière, dans sa circonscription de L’Assomption, en banlieue de Montréal.

Le jour du scrutin est le moment de laisser de côté les commentaires partisans et de faire un appel au vote, a dit le chef du Parti québécois (PQ), Paul St-Pierre Plamondon, qui est allé voter dans sa circonscription de Camille-Laurin, à Montréal, lundi, en avant-midi.

«C’est une valeur fondamentale de s’exprimer à travers le vote. C’est rare une fois aux quatre ans, ce n’est pas beaucoup», a-t-il souligné. 

Vous avez voté pour qui lui a demandé un journaliste? «C’est secret», a répondu à la blague M. St-Pierre Plamondon après avoir échappé un rire.

Au cours de la campagne, le chef du PQ avait exprimé sa crainte d’une baisse du taux de participation. Il a dit être moins préoccupé aujourd’hui. 

«Je m’inquiète moins. J’ai trouvé qu’on a réussi, tous les partis, ensemble je ne parle pas juste de nous. On a réussi à livrer des débats et à intéresser à des niveaux qui me donnent espoir que le taux de participation sera nettement meilleur qu’aux élections générales de l’Ontario où on a atteint 43%, ce qui est vraiment catastrophique», a-t-il observé. 

La cheffe libérale Dominique Anglade était aussi à Montréal pour se rendre voter dans la circonscription de Saint-Henri-Sainte-Anne. 

«C’est un message important à envoyer à tous les Québécois, c’est de dire: « Allez voter aujourd’hui ». Ça c’est l’exercice le plus important à faire aujourd’hui», a-t-elle dit aux journalistes.

«On a chacun livré sa campagne, mais là, la parole est aux Québécois.»

Gabriel Nadeau-Dubois, le chef de Québec solidaire, s’est également rendu voter dans la circonscription montréalaise de Gouin. Éric Duhaime, pour sa part, votait dans Chauveau, dans la région de Québec.

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