Les Québécois s’informent, mais leur confiance dans les institutions est fragile

MONTRÉAL — Les Québécois font généralement confiance aux institutions qui leur enseignent, qui les informent et qui font respecter les lois, mais beaucoup moins à celles qui les dirigent et à ceux qui s’y font élire.

Un sondage Léger réalisé pour l’Institut du Nouveau Monde rendu public mercredi nous apprend par ailleurs que près de trois Québécois sur quatre (72 pour cent) s’informent quotidiennement sur l’actualité, mais redoutent les fausses nouvelles et se font beaucoup trop confiance pour les repérer.

Les indices de confiance mesurés par Léger nous apprennent ainsi que la famille vient loin devant toutes les autres institutions, récoltant la confiance de 91 pour cent des répondants, suivie du système d’éducation universitaire à 81 pour cent. Malgré les nombreuses controverses et critiques dont elle a fait l’objet au cours des dernières années, la police vient au troisième rang avec la confiance de plus de trois Québécois sur quatre (78 pour cent), ex aequo avec le réseau scolaire (écoles primaires et secondaires) et, tout juste derrière, les médias traditionnels (radio, télévision, quotidiens) qui récoltent la confiance de 77 pour cent des répondants.

Le système d’éducation collégial, l’armée, le système de santé et des services sociaux et les tribunaux suivent en ordre décroissant, récoltant la confiance de 76 à 66 pour cent des Québécois selon le cas.

Gouvernements et élus en faible estime

À l’inverse, moins de la moitié des Québécois font confiance à de nombreuses institutions, le pire résultat étant enregistré par les religions, qui ne recueillent qu’un maigre 21 pour cent, et les nouveaux médias, qui ont du chemin à faire pour se bâtir une crédibilité avec une avant-dernière position à 37 pour cent. En ordre croissant, les syndicats, les grandes entreprises et le gouvernement obtiennent la confiance, respectivement, de 40, 44 et 48 pour cent des Québécois.

Sans surprise, cette confiance se reflète dans les professions connexes. Ainsi, les médecins (86 pour cent), les enseignants (83 pour cent) et les scientifiques (82 pour cent) récoltent les plus hauts niveaux de confiance, suivis par les professeurs d’université (75 pour cent), les policiers (70 pour cent), les soldats (69 pour cent), les groupes communautaires (61 pour cent), les juges (60 pour cent), les artistes et comédiens (59 pour cent) et les journalistes 53 (pour cent).

Les nouvelles sont beaucoup moins bonnes pour les blogueurs et les syndicalistes, qui obtiennent les pires résultats avec la confiance de seulement 13 et 25 pour cent des Québécois respectivement, mais les politiciens ont aussi une très forte pente à remonter, et ce, à tous les niveaux. La proportion de Québécois qui leur font confiance n’est que 29 pour cent envers les élus fédéraux, 34 pour cent envers les ministres (tous niveaux confondus), 35 pour cent chez les élus provinciaux et 39 pour cent chez leurs homologues municipaux. Les dirigeants d’entreprise (34 pour cent), les avocats (41 pour cent) et les entrepreneurs (46 pour cent) n’inspirent pas tellement confiance non plus.

Bien informés, mais un peu trop confiants

Bien que les trois quarts des Québécois s’informent tous les jours, le sondage démontre que les jeunes ont une moins forte propension à le faire que la population en général. Ainsi, l’écrasante majorité des 55 ans et plus (88 pour cent) s’informe quotidiennement, alors que c’est le cas d’un peu moins de la moitié (47 pour cent) des 18-34 ans.

La télévision demeure toujours la source d’information la plus utilisée, récoltant la faveur de trois Québécois sur quatre, suivie des sites internet et des applications mobiles de médias d’information à 61 pour cent et de la radio à 46 pour cent.

Sans surprise, la proportion de citoyens qui s’informent à partir de liens partagés par leurs amis sur les réseaux sociaux, qui se situe à 20 pour cent, augmente en flèche pour atteindre 36 pour cent chez les 18-34 ans.

S’ils sont bien informés, les Québécois tendent à surestimer leur capacité à identifier les fausses nouvelles, alors que 89 pour cent des répondants ont dit croire être en mesure de le faire.

Or, les sondeurs ont présenté aux répondants une série de fausses nouvelles et, bien que les répondants qui n’y ont pas cru aient été plus nombreux que ceux qui ont mordu à l’hameçon, certaines d’entre elles ont tout de même obtenu l’adhésion de plus du tiers des répondants. Ce fut le cas, par exemple, d’une théorie du complot voulant que la princesse Diana ait été assassinée plutôt que victime d’un accident de voiture, d’une affirmation à l’effet que certaines personnes sont voyantes et peuvent prédire l’avenir ou encore que les gouvernements cachent les preuves de l’existence d’extraterrestres.

En contrepartie, il est plutôt rassurant de constater que les personnes qui s’informent quotidiennement de l’actualité ont tendance à moins croire aux fausses nouvelles et que les trois quarts des répondants estiment qu’elles sont un phénomène inquiétant.

Le sondage web a été réalisé auprès de 1015 répondants entre le 27 juin et le 4 juillet 2019. Ce genre de sondage n’étant pas probabiliste, il n’offre aucune marge d’erreur ou d’intervalle de confiance.

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