Les régimes MIND et méditerranéen pourraient freiner la maladie de Parkinson

MONTRÉAL — Les régimes MIND et méditerranéen pourraient retarder considérablement l’apparition des symptômes de la maladie de Parkinson, laissent entendre des travaux réalisés à l’Université de la Colombie-Britannique.

Le régime MIND rassemble des éléments de deux régimes très populaires, le régime méditerranéen et le régime DASH.

«Ce n’est pas extrêmement surprenant, en ce sens que ça fait plusieurs années que ces diverses versions de la diète méditerranéenne ont été associées dans des études cliniques à une amélioration de plusieurs maladies neurodégénératives, en particulier la maladie d’Alzheimer, a commenté le professeur Louis-Éric Trudeau, du département de pharmacologie et physiologie de l’Université de Montréal.

«Mais maintenant on se rend compte (…) que probablement les bénéfices qui ont été observés de cette diète pour plusieurs autres aspects de la santé (…) pourraient aussi se retrouver pour la maladie de Parkinson.»

Les régimes MIND et méditerranéen sont caractérisés par une faible consommation de viande et un apport important en fruits, en légumes, en grains entiers et en gras sains.

Cette étude transversale regroupait 167 sujets atteints de la maladie de Parkinson. Les chercheurs ont comparé le tertile qui respectait le plus ces régimes à celui qui les respectait le moins. 

Ils ont constaté qu’un respect étroit a retardé de huit ans l’apparition des premiers symptômes chez l’homme, mais de 17 ans chez la femme.

«La différence est frappante, a dit M. Trudeau. Ça amène à (penser) que la diète optimale qu’on peut recommander, peut-être que ce n’est pas la même pour tout le monde, peut-être que les hommes et les femmes n’ont pas la même diète optimale, et en fonction aussi de l’âge.»

Les participants à l’étude étaient âgés en moyenne de 65 ans, ils souffraient en moyenne de la maladie depuis 6,5 ans et l’âge moyen du diagnostic était 58,4 ans.

Différences entre les sexes

Le respect du régime MIND a été plus bénéfique chez la femme et le respect du régime méditerranéen plus bénéfique chez l’homme, ce qui pourrait permettre de mieux comprendre l’impact de certains aliments sur la santé du cerveau.

«Le plus probable est que ce genre de diète là est associé à des effets positifs sur l’inflammation systémique, peut-être les niveaux d’antioxydants sanguins qui pourraient avoir des effets positifs dans plusieurs organes, dont le cerveau, parce que ça fait longtemps qu’on associe le stress oxydatif aux maladies neurodégénératives», a indiqué M. Trudeau.

L’impact différent des deux régimes sur les deux sexes pourrait aussi permettre de mieux comprendre ce qui mène à l’apparition de la maladie dès le départ, puisque 60 % des patients qui reçoivent un diagnostic de parkinson sont des hommes.

Quoi qu’il en soit, poursuit M. Trudeau, il n’est pas nécessaire de comprendre avec précision comment et pourquoi de tels régimes protègent le cerveau pour être en mesure de prendre «des décisions de santé publique, comme de recommander une alimentation plus saine».

«Ça donne l’impression que certaines de ces diètes-là pourraient pas nécessairement empêcher la maladie d’apparaître, mais la retarder, ce qui est déjà beaucoup», a-t-il ajouté.

Si on peut avoir l’impression que la maladie de Parkinson apparaît soudainement dans la soixantaine, poursuit-il, dans les faits plusieurs données suggèrent que la maladie s’installe jusqu’à dix ou vingt ans avant les premiers symptômes moteurs.

C’est donc peut-être à ce moment qu’il serait crucial d’avoir un mode de vie sain, en s’alimentant correctement, en bougeant beaucoup et en dormant bien.

«Surtout considérant que la plupart des gens vont prendre leur retraite à la mi-soixantaine, a conclu M. Trudeau. C’est toujours triste de voir les gens qui développent une maladie comme ça au moment où ils ont prévu de ralentir un peu le travail, de profiter de la vie différemment, et là, la maladie apparaît… Donc oui, retarder la maladie de dix ans, ça peut avoir un énorme impact.»

Les conclusions de cette étude ont été publiées par le journal médical «Movement Disorders».

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