Les républicains du Sénat restent silencieux face aux candidats nommés par Biden

WASHINGTON — Alors que le président élu Joe Biden a commencé à présenter les membres de son cabinet, un politicien de premier plan est resté particulièrement silencieux: le chef de la majorité au Sénat, Mitch McConnell.

Les républicains du Sénat auront une grande influence sur la confirmation ou le rejet des candidats nommés par M. Biden au sein de son cabinet, quel que soit le parti qui contrôlera la chambre haute à l’issue du second tour qui aura lieu en Géorgie en janvier. Mais les principaux sénateurs républicains, y compris M. McConnell, restent cois pour l’instant, préférant garder leur énergie pour les batailles à venir.

En annonçant la composition de son équipe de sécurité nationale, M. Biden a appelé mardi le Sénat à procéder à l’«audition rapide» de ses candidats et à «commencer le travail pour guérir et unir l’Amérique et le monde».

Ce n’est qu’à partir du 20 janvier, jour de l’investiture du nouveau président, que le Sénat pourra commencer à examiner la nomination des hauts responsables de la sécurité nationale.

Mais alors que le président Donald Trump conteste toujours le résultat du scrutin, M. McConnell donne le ton aux républicains du Sénat en ne félicitant pas publiquement M. Biden et en ne reconnaissant pas la défaite de M. Trump. Il veut donner au président le temps de contester le vote, bien que son équipe juridique ait fait chou blanc jusqu’à maintenant.

Même si M. McConnell est prêt à accepter les choix du président élu pour les postes de haut niveau du cabinet, le chef républicain ne permettra pas une confirmation facile du Sénat. Il est connu pour être un rude négociateur, même dans les affaires de routine, et les républicains sont impatients de rendre la monnaie de leur pièce aux démocrates pour avoir fait de l’obstruction systématique avec les candidats choisis par M. Trump.

Les candidats du cabinet ont besoin du vote de 51 sénateurs pour être confirmés. Les républicains ont actuellement une majorité de 50 contre 48 à la chambre haute. Mais si les démocrates remportent les deux sièges de la Géorgie au second tour du 5 janvier, ils détiendront la majorité puisque la vice-présidente élue, Kamala Harris, aura la possibilité de voter en cas d’égalité.

Le stratège républicain Alex Conant a estimé que M. McConnell «essayait de démontrer une certaine déférence envers M. Trump dans l’espoir de promouvoir l’unité du parti» avant les élections en Géorgie.

Dans tous les cas, le Sénat sera assurément très divisé. Si les républicains en conservent le contrôle, on ne sait pas quelles concessions ils réclameront de l’administration Biden en échange de la confirmation de ses candidats. Si les démocrates remportent la majorité, ils ne pourront se permettre aucune dissidence dans leurs rangs.

Des candidats chevronnés

Joe Biden a délibérément choisi des candidats chevronnés pour son équipe de sécurité nationale. Ceux présentés mardi sont des anciens de l’administration de Barack Obama et ont côtoyé M. Biden pendant des décennies à Washington: Antony Blinken a été nommé secrétaire d’État; Alejandro Mayorkas, ancien procureur fédéral cubano-américain, sera le premier immigrant à devenir secrétaire à la Sécurité intérieure; Linda Thomas-Greenfield, diplomate de carrière, sera ambassadrice aux Nations unies; Avril Haines deviendra la première femme directrice du renseignement national.

Le président élu a également annoncé que l’ancien secrétaire d’État John Kerry sera son émissaire spécial pour le climat, tandis que Jake Sullivan, un ancien proche collaborateur de Hillary Clinton, sera son conseiller à la sécurité nationale. Ces deux nominations ne nécessitent pas de confirmation du Sénat.

M. Biden devrait également faire appel à Janet Yellen, ancienne présidente de la Réserve fédérale, en tant que secrétaire au Trésor.

Certains sénateurs républicains, en particulier ceux qui sont surveillés pour leurs propres ambitions présidentielles pour 2024, s’opposeront à l’équipe de M. Biden pour faire valoir leurs propres mérites en matière de sécurité nationale.

Le sénateur républicain Tom Cotton, de l’Arkansas, s’est moqué des choix de M. Biden, estimant qu’il avait formé une équipe qui «ne fera que renforcer son instinct de faire preuve de douceur envers la Chine».

L’intransigeance envers la Chine est en train de devenir un thème dominant parmi les républicains, en écho à l’approche conflictuelle de M. Trump face à cette puissance économique et militaire.

Le sénateur républicain Marco Rubio, candidat à l’investiture pour la présidentielle de 2016, a écrit sur Twitter que l’équipe de M. Biden était composée de diplômés des grandes universités qui «seront les gardiens polis et ordonnés du déclin de l’Amérique».

Un autre candidat potentiel pour 2024, le sénateur Josh Hawley du Missouri, a écrit à propos de l’équipe Biden: «Quel groupe de corporatistes et de passionnés de la guerre.»

Les présidents potentiels des comités sénatoriaux qui devraient tenir les auditions de confirmation des candidats sont cependant restés silencieux cette semaine.

Les républicaines centristes Lisa Murkowski de l’Alaska et Susan Collins du Maine ont également refusé de se prononcer, elles qui pourraient éventuellement soutenir les candidats choisis par M. Biden.

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