Les républicains et démocrates cherchent à gagner des districts inhabituels

Les démocrates ont dans leur mire une douzaine de sièges, de Long Island à New York, à l’Alaska, que le président Trump avait remporté avec au moins dix points de pourcentage. De leur côté, les républicains dépensent beaucoup d’argent dans des endroits comme le sud de la Floride et le centre de la Californie, où Trump avait moins bien performé il y a quatre ans.

CHARLOTTESVILLE, Va. — Dans un quartier rustique de la Virginie qui a rejeté l’un des membres du Congrès après qu’il eut célébré un mariage homosexuel, la bataille pour le remplacer oppose un soi-disant « conservateur biblique » soutenu par le président Donald Trump à un médecin noir qui travaillait à la Maison-Blanche de Barack Obama.

Le district, qui s’étend de la banlieue lointaine de Washington à la frontière de la Caroline du Nord, n’a élu qu’un démocrate pour un seul mandat de deux ans depuis un siècle. Donald Trump l’a remporté avec 11 points de pourcentage en 2016. Pourtant, les démocrates dépensent de l’argent pour essayer de gagner.

La course entre le républicain Bob Good et le démocrate Cameron Webb répondra à la question de savoir si un candidat noir avec une expertise en soins de santé peut l’emporter dans une zone traditionnellement conservatrice pendant une pandémie et une période de tensions raciales. C’est aussi un exemple de la façon dont les deux partis s’intéressent à une poignée de districts qui pourraient sembler à leur portée.

Les démocrates ont dans leur mire une douzaine de sièges, de Long Island à New York, à l’Alaska, que le président Trump avait remporté avec au moins dix points de pourcentage — généralement une marge intimidante. Les républicains ont moins d’objectifs viables, mais ils dépensent beaucoup d’argent dans des endroits comme le sud de la Floride et le centre de la Californie, où M. Trump avait moins bien performé il y a quatre ans.

Pour marquer le sérieux de ces efforts, au moins un des camps voit ses groupes externes dépenser 1 million $ ou plus dans la plupart de ces courses. Il s’agit d’une élection où la question n’est pas de savoir si les démocrates conserveront leur majorité à la Chambre, mais quelle en sera l’ampleur.

Les démocrates ont plus de possibilités en raison de la diminution des appuis de Donald Trump en banlieue, des départs à la retraite et des primaires du Parti républicain qui ont élu des candidats plus faibles. Le parti bénéficie aussi d’un avantage en matière de collecte de fonds qui leur permet de dépenser amplement.

«L’environnement politique est difficile, il nous oblige donc à consolider les sièges défensifs clés», a déclaré Dan Conston, président du Congressional Leadership Fund, un comité politique très dépensier aligné sur les dirigeants républicains de la Chambre. Mais il a déclaré qu’un solide recrutement de candidats «nous a permis de récupérer des sièges dans des endroits surprenants».

Le facteur Trump

Le facteur primordial est Donald Trump, dont l’impopularité nuit à de nombreux candidats au Congrès. M. Trump a aggravé ses problèmes avec sa performance enflammée au débat contre le démocrate Joe Biden, son diagnostic de COVID-19 et ses railleries face aux dangers d’un virus qui a tué plus de 215 000 Américains.

« Les stratèges des deux côtés voient un potentiel très réel pour un bain de sang total, le jour du scrutin, pour les républicains, pour le président », a analysé Brendan Buck, qui a conseillé l’ancien président de la Chambre Paul Ryan.

« S’il y a une vague, vous ne voulez laisser aucune occasion derrière vous. »

« Nous sommes à l’offensive et nous n’en sommes pas là par accident », a souligné Lucinda Guinn, directrice principale du Democratic Congressional Campaign Committee, le bras politique du parti à la Chambre.

Des espoirs dans plusieurs États

En Virginie, M. Good a arraché la nomination républicaine au représentant Denver Riggleman au printemps dernier, ouvrant des possibilités aux démocrates. M. Riggleman, un conservateur traditionnel, avait mis en colère certains électeurs en célébrant le mariage de deux employés masculins.

Les démocrates considèrent M. Good comme trop conservateur pour la région. Un comité politique qui soutient les candidats scientifiques est en voie de dépenser 2 millions $ US pour des publicités soutenant M. Webb, selon la société de suivi des publicités Kantar/CMAG. L’organisation de campagne des démocrates de la Chambre pourrait dépenser 1 million $ supplémentaires et a produit sa première publicité pour attaquer le candidat républicain.

La Virginie n’est pas le seul endroit où les partis s’intéressent à des districts inhabituels.

Le bras politique des démocrates de la Chambre a dépensé plus de 500 000 $ US dans un district de l’ouest du Colorado favorable à Donald Trump après que la restauratrice Lauren Boebert eut renversé le représentant Scott Tipton lors d’une primaire. Mme Boebert a exprimé son soutien aux théories du complot de QAnon, bien qu’elle ait depuis fait marche arrière.

Dans les districts que M. Trump a remportés de manière décisive, les démocrates espèrent vaincre les républicains en dehors d’Austin, au Texas, à New York, à Phénix, à Saint Louis et même à Little Rock, en Arkansas. Ils pensent que leur avantage quant au financement pourrait aider à vaincre Don Young, représentant républicain qui cumule 24 mandats en Alaska. Et les départs à la retraite de républicains augmentent les chances des démocrates au Montana et près d’Indianapolis.

« Donald Trump a créé l’environnement, et je pense que les démocrates en ont profité », a avancé Molly Murphy, stratège démocrate.

« C’est une partie d’échecs » visant à forcer les républicains à dépenser de l’argent dans certaines courses, a soutenu Jon McHenry, consultant républicain.

Les républicains aussi déterminés

De leur côté, les républicains tentent de se démarquer dans des districts représentés par des démocrates fraîchement élus et qui avaient été remportés de manière décisive par la candidate Hillary Clinton.

Dans le sud de la Floride, la représentante Debbie Mucarsel-Powell fait face au républicain Carlos Gimenez, le maire du comté de Miami-Dade d’origine cubaine. Autour de Fresno, en Californie, le représentant démocrate TJ Cox est confronté au républicain bien financé qu’il avait défait en 2018, David Valadao.

Dans les deux courses, les groupes extérieurs de chaque côté dépensent des millions.

Les républicains espèrent que l’appel de Donald Trump aux électeurs de la classe ouvrière blanche évincera enfin le représentant démocrate à 12 mandats Ron Kind dans un district du Wisconsin que le président avait remporté modestement en 2016.

M. Kind a gagné par une marge de 19 points de pourcentage en 2018 et il bénéficie d’un énorme avantage en matière de collecte de fonds.

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