Les résidants de CHSLD sont impatients de recevoir le vaccin contre la COVID-19

MONTRÉAL — Les résidants d’un établissement de soins de longue durée de Montréal devraient recevoir une première dose du vaccin contre la COVID-19 dans les prochains jours et leurs familles se disent prêtes alors que la province continue de signaler un nombre élevé d’infections et de décès.

«Le plus vite j’aurai ce vaccin en moi, mieux ce sera», a confié vendredi Beverly Spanier, une résidante du Centre gériatrique Maimonides Donald Berman, du quartier Côte-St-Luc.

«La dernière chose que je veux faire dans le monde est d’aggraver les choses ici.»

La résidence durement éprouvée par la COVID-19 est l’une des deux, avec le Centre d’hébergement Saint-Antoine de Québec, qui ont été choisies par la province pour recevoir les premières doses du vaccin de Pfizer lorsqu’il arrivera.

«Je suis très reconnaissante de recevoir le vaccin. Je pense que nous devons le prendre, a affirmé Mme Spanier. Je pense que toute la société attend. Il est très important que nous essayions de toutes les manières possibles de ramener la vie à la normale.»

Le ministre de la Santé Christian Dubé a dit aux journalistes à Québec qu’il s’attendait toujours à recevoir les premières doses lundi et une porte-parole du ministère a confirmé que la vaccination devait commencer le même jour.

Le ministre Dubé a promis de commencer la vaccination «dès qu’on aura» les doses.

Beverly Spanier, âgée de 75 ans, a dit que quel que soit le calendrier, elle était prête à un retour à la normale.

«Les petits-enfants ont besoin de voir leurs grands-parents. Les gens ont besoin de vivre des vies normales. Le plus vite nous y arriverons, le mieux ce sera, et si ce vaccin peut nous aider, faisons-le», a-t-elle indiqué lors d’un entretien téléphonique.

Joyce Shanks, dont le père Harvey Stoliar est au centre Maimonides, affirme que son père a donné son consentement oral pour recevoir le vaccin.

Il a des problèmes de mémoire à court terme si importants, que parfois il oublie qu’il y a une pandémie, a-t-elle relaté. Son père a toutefois été épargné par le virus.

Le mois dernier, le centre a dû transférer 20 patients dans des hôpitaux à proximité lors d’une éclosion de COVID-19 qui a coûté la vie à 15 résidants en date du 10 décembre.

«J’avais vraiment, vraiment peur, j’étais nerveuse, mais je deviens excitée parce que dans six semaines, je pourrai dire que mon père a passé à travers cette pandémie», a-t-elle soutenu, ajoutant que la moitié des résidants du centre avaient été infectés depuis des mois.

«Je veux être en mesure d’arriver au bout et dire que mon père ne l’a jamais eu, que mon père a été vacciné et qu’il est en sécurité.»

Josee Di Sano dit avoir reçu un appel cette semaine lui demandant si elle acceptait que sa mère, Maria Di Clemente, reçoive le vaccin. «Ils nous ont assuré qu’ils allaient avoir des infirmières et des médecins», a témoigné Mme Di Sano vendredi.

Sa mère de 81 ans, qui est atteinte de la maladie d’Alzheimer, a attrapé la COVID-19 en mars, mais elle n’a jamais eu de symptôme. Elle a cependant reçu moins de soins pendant la pandémie et ne peut plus marcher seule.

Elle est autrement en bonne santé, donc Mme Di Sano et sa famille ont décidé que le vaccin était la meilleure option.

«On a toujours tort, quoi qu’on fasse. Ça ne peut pas être pire que maintenant. Chaque fois que je vais là-bas, je me sens comme si j’allais à la Deuxième Guerre mondiale… Tout le monde tombe face à la (COVID-19), alors nous devons prendre le risque», a-t-elle expliqué.

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