Les ressources d’aide pour les jeunes sollicitées en cette rentrée scolaire

MONTRÉAL — Depuis le début de la rentrée scolaire en temps de pandémie, les jeunes sont beaucoup plus nombreux cette année à solliciter les ressources d’aide au téléphone.

À l’organisme pancanadien Jeunesse, J’écoute, on a enregistré une hausse «énorme» de 112 % des appels et des textos par rapport à l’an dernier.

Parmi les adolescents et jeunes adultes qui ont contacté le service, le tiers d’entre eux exprimait sa détresse face au début des classes.

Selon l’organisme, les sujets abordés par les jeunes ont changé depuis le début de la pandémie. Ils parlent davantage d’alimentation et d’image corporelle, de deuil et d’abus de substances.

Andréanne Deschamps, directrice clinique à Jeunesse, J’écoute, souligne que la rentrée est déjà un moment anxiogène pour plusieurs étudiants, dont certains franchissent de nouvelles étapes dans leur parcours scolaire.

«Il y a beaucoup plus d’anxiété et de questionnements liés à s’adapter à une nouvelle routine, à trouver de nouvelles habitudes pour gérer des situations stressantes», a-t-elle soutenu en entrevue.

Mme Deschamps mentionne par ailleurs que les jeunes disposent probablement de moins ressources d’aide en temps de pandémie.

«On doit être plus loin de certaines personnes de notre entourage, on a peut-être moins accès à certains services qui auraient été nos facteurs de soutien pendant une situation stressante», a-t-elle expliqué.

Une «démotivation» à la rentrée

Chez Tel-jeunes, la demande d’aide a bondi de 30 % dès de début de la pandémie en mars et cette augmentation s’est maintenue depuis.

Dans la foulée de la rentrée scolaire, l’organisme observe une certaine «démotivation» des jeunes.

En général, les sujets les plus abordés par les adolescents et les jeunes adultes sont la déprime, l’anxiété et l’isolement — qui représentent environ 40 % des contacts chez Tel-jeunes. Mais depuis septembre, 52 % des appels ou des textos portent sur ces problèmes.

«Les jeunes ne savent pas trop comment apprendre avec l’école à distance, ils sont vraiment confrontés par les nouvelles mesures à l’école», a précisé en entrevue Myriam Day-Asselin, coordonnatrice expertise et innovation chez Tel-jeunes.

«Ils sont un peu bouchés, ils ne voient pas vraiment ce qui s’en vient. C’est comme si les effets de la première vague n’étaient pas tout à fait disparus.»

D’ailleurs, Tel-jeunes a aussi une ligne pour les parents, qui est très sollicitée depuis le mois de mars.

«Les familles en ce moment, adolescents comme parents, anticipent de retomber dans un confinement à plus long terme et de revivre les mêmes défis», a avancé Mme Day-Asselin.

Augmentation des effectifs

Pour répondre à cette forte demande, les deux organismes ont dû faire un appel pour embaucher de nouveaux intervenants.

«Il fallait qu’on soit présent, donc il fallait qu’on ajoute des ressources. On est constamment en recrutement pour combler ces postes-là», a indiqué Mme Day-Asselin.

Jeunesse, J’écoute a aussi dû trouver «plusieurs» nouveaux intervenants pour répondre à cette hausse de la demande.

«On a vu heureusement un bel engouement de la population pour venir aider», a soutenu Mme Deschamps.

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