Les services d’urgences en N.-É. sont «en crise», selon le responsable à Halifax

HALIFAX — Le responsable de la médecine d’urgence pour la grande région de Halifax affirme qu’au cours de ses 23 ans de carrière, il n’a jamais vu une aussi grande pression sur ce service, qui pèse lourdement sur les patients et les travailleurs de la santé.

La médecine d’urgence est dans un état de «crise», avec une pénurie d’infirmières, de médecins et de lits d’hôpitaux, et une augmentation du nombre de patients qui ont des besoins complexes, a déclaré le docteur Kirk Magee.

«Nous avons tous choisi la médecine d’urgence parce que nous aimons le faire et nous aimons les défis — mais nous avions les ressources pour relever ces défis, a-t-il expliqué jeudi en entrevue. Maintenant (le personnel) est extrêmement inquiet d’être mis dans une position où il ne sera pas en mesure de gérer les attentes ou même les besoins des patients et de leurs familles.»

Joint au téléphone après un quart de nuit au service d’urgence du Centre hospitalier QEII de Halifax, le docteur Magee dit que souvent, lui et ses collègues doivent s’occuper de patients dans les couloirs ou les réduits. Les temps d’attente peuvent être «extraordinairement» longs, a-t-il dit, en convenant que les soins aux patients ne sont pas aussi bons qu’ils pourraient l’être.

Il rappelle que la pression subie par le personnel des urgences a entraîné un stress et un épuisement à long terme qui ont poussé de nombreux travailleurs à réduire leurs heures ou à quitter carrément la profession.

Le docteur Magee estime que pour apporter des changements significatifs et améliorer la situation dans les urgences, le gouvernement doit résoudre, en même temps, un certain nombre de problèmes: accroître l’accès aux soins primaires et sans rendez-vous, ajouter plus de lits dans les hôpitaux, embaucher plus d’infirmières et de médecins, et accroître la disponibilité des ressources de santé communautaire et de soins à domicile.

Des données publiées mercredi montrent que les décès dans les services d’urgence de la Nouvelle-Écosse ont augmenté de 10 % en 2022 par rapport à l’année précédente — 558 contre 505.

Le 31 décembre dernier, Allison Holthoff, âgée de 37 ans, est morte après une attente de sept heures aux urgences du Centre régional de santé Cumberland, à Amherst. 

La députée indépendante de Cumberland-North, Elizabeth Smith-McCrossin, a écrit au premier ministre Tim Houston pour réclamer des changements urgents aux urgences de cet hôpital, qui sont en cours de rénovation.

Elle propose notamment de créer une clinique sans rendez-vous temporaire adjacente à l’urgence, de placer un travailleur de la santé dans la salle d’attente même de l’hôpital, et d’augmenter le nombre d’infirmières.

Vendredi, l’opposition libérale a demandé au premier ministre Houston de convoquer une session d’urgence de l’Assemblée législative pour faire face à cette crise.

Cette dépêche a été rédigée avec l’aide financière des Bourses de Meta et de La Presse Canadienne pour les nouvelles.

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