Les soins à domicile pour limiter les dégâts de la COVID-19, prône un Collectif

MONTRÉAL — Les soins à domicile pour les aînés et les personnes handicapées devraient faire partie des «services essentiels» en temps de crise pour limiter les dégâts d’une deuxième vague du coronavirus, fait valoir le Collectif Action COVID.

Le soutien à la maison devrait ainsi être maintenu en temps de pandémie, et même renforcé.

Ce collectif, lancé mercredi, faisait ainsi part en conférence de presse virtuelle de sa première recommandation pour mieux soutenir les personnes les plus vulnérables.

«Pour que la deuxième vague ne crée pas la même situation d’abandon (de ces gens) que la première», a fait valoir le porte-parole du Collectif, le Dr Réjean Hébert.

Plus de 147 000 personnes reçoivent habituellement ce type de service au Québec — comme des aînés en perte d’autonomie et des personnes handicapées qui souhaitent demeurer à domicile — sans compter toutes celles qui sont en attente de ceux-ci, fait valoir le Collectif qui veut aider à améliorer la gestion de la pandémie.

Lors de la première vague de la COVID-19, les soins à domicile — qui incluent des soins médicaux, mais aussi de l’aide à l’alimentation et à l’hygiène, ainsi que certaines tâches ménagères — ont diminué, a expliqué Dr Hébert.

Par exemple, les organismes communautaires ne pouvaient plus aller chez les gens ayant besoin d’aide et beaucoup ont été abandonnés, rapporte-t-il, avec toutes sortes de conséquences: une détérioration de leur condition et l’épuisement des aidants naturels. Certains ont dû, sans autre solution, plier bagage et aller vivre dans un CHSLD.

Bon nombre de ces difficultés et bouleversements auraient pu être évités avec un solide système de soins à domicile, estime le docteur.

Il faut donc maintenir le nombre de personnes affectées à ce travail, sans délestage comme on l’a vu au printemps. Inclure ce type de soins dans la stratégie de priorisation des services essentiels du gouvernement aiderait à maintenir les ressources en place, juge le Collectif.

Mais cela passe aussi par l’augmentation des salaires de ces employés: alors que ceux des préposés aux bénéficiaires en CHSLD ont été haussés, il ne faudrait pas que ceux qui offrent des soins à domicile quittent pour rejoindre les préposés, désormais mieux payés.

Et pour éviter qu’une personne différente se rende à chaque fois chez une personne ayant besoin de soins — ce qui peut augmenter le risque d’infection à la COVID-19 — Dr Hébert prône là aussi de meilleures conditions de travail pour éviter le roulement de personnel.

«La mobilité du personnel a été un facteur majeur de l’hécatombe dans les CHSLD et de nombreuses éclosions», a-t-il rappelé, soulignant que la Colombie-Britannique s’en est mieux tirée en interdisant aux employés, dès le début de la pandémie, de travailler dans plusieurs endroits.

Le Dr Hébert a fait des soins à domicile son cheval de bataille depuis de nombreuses années. Ancien ministre de la Santé, il enseigne aussi au Département d’administration de la santé de l’École de santé publique de l’Université de Montréal.

Pour contrer la propagation du virus, il parle aussi d’un respect soutenu des consignes sanitaires pour les employés qui offrent des soins à la maison: masque, lavage des mains et dépistage plus fréquent.

Le Collectif Action COVID regroupe 15 organisations nationales et six experts et chercheurs. Il dit vouloir coopérer avec le gouvernement en identifiant des solutions novatrices dans la gestion de la crise, afin d’améliorer les soins et services de santé rendus à l’ensemble des personnes en situation de vulnérabilité.

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