Les soldats formés par la Croix-Rouge à Montréal avant d’être déployés en CHSLD

MONTRÉAL — Des militaires des Forces armées canadiennes ont reçu mercredi une formation intensive sur les soins à prodiguer aux personnes âgées qui résident dans les Centres d’hébergement et de soins de longue durée (CHSLD) au Québec.

Ces soldats, sans expérience ou sans formation médicale, se préparent à être déployés dans les 13 CHSLD de la province les plus durement touchés par la COVID-19.

Ils font parti d’une première vague d’environ 400 soldats qui ont reçu la formation des bénévoles de la Croix-Rouge canadienne avant leur déploiement sur le terrain vendredi et samedi.

L’entraînement qu’ils ont reçu de la Croix-Rouge mercredi à Montréal portait sur les tâches que les militaires devront accomplir en CHSLD, comme nourrir les résidents, la désinfection des chambres ou le déplacement d’équipements.

«C’est définitivement un environnement différent pour nous, mais je crois que notre flexibilité et notre empathie envers ces aînés sont plutôt une source de motivation», a affirmé le colonel Tim Arsenault.

Il y a une semaine, le Québec a demandé au gouvernement fédéral d’envoyer plus de soldats dans la province pour l’aider à reprendre le contrôle de la situation dans les CHSLD frappés par une pénurie de personnel, exacerbée par les craintes liées à la propagation de la COVID-19.

Cette aide provient donc de quelque 200 soldats de la base militaire de Valcartier et de 200 réservistes de la grande région de Montréal qui arriveront ainsi en renfort aux soldats canadiens, ayant une formation médicale, déjà déployés dans cinq CHSLD depuis le 20 avril.

Le militaire Jessy Collison, âgé de 26 ans, rattaché à la base de Valcartier est sur le terrain depuis plusieurs jours, effectuant des quarts de 12 heures. Ce technicien médical a reconnu qu’il s’agit d’un travail exigeant, mais tellement gratifiant.

«À la fin de la journée, je suis content d’avoir pu aider des gens et d’avoir facilité les choses pour ceux et celles qui travaillent sans relâche», a raconté M. Collison qui précise aussi que «les résidents sont très heureux aussi de nous voir.»

Michelle Mercier, directrice en matière de prévention et de sécurité de la Croix-Rouge canadienne au Québec, explique que les soldats canadiens ont reçu la même formation de quatre heures offerte aux autres bénévoles »civils » dont les services ont été retenus pour donner un coup de main dans les CHSLD.

Ils apprennent notamment le protocole pour mettre et enlever l’équipement médical de protection, comment communiquer avec les aînés, reconnaître des plaies de lit et soulever les patients de leur lit sans se blesser et de façon sécuritaire pour le patient.

Le colonel Arsenault ne pouvait indiquer combien de temps les militaires resteront sur le terrain.

«L’entente entre les gouvernements provincial et fédéral est de réévaluer la situation tous les 14 jours. Nos soldats sont prêts et très motivés», a-t-il indiqué.

Pour sa part, la ministre de la Santé et des Services sociaux, Danielle McCann, s’est montrée optimiste de pouvoir ainsi combler la pénurie de main d’oeuvre actuelle.

Après avoir exploré différents scénarios pour recruter des gens avec une certaine formation en soins, Québec a finalement ouvert l’appel aux bénévoles au grand public et 11 000 personnes se sont manifestées.

«La situation s’améliore graduellement», a assuré Mme McCann mercredi.