Comment les sports professionnels peuvent-ils reprendre de façon sécuritaire?

NFL, MLS, NBA, MBL, le sport professionnel nord-américain se remet en route. Voici comment les différentes ligues vont tenter de limiter les risques sanitaires liés à la reprise de leurs activités.

Les ligues professionnelles nord-américaines sont de plus en plus près de relancer leurs activités. Bien qu’elles en soient toujours à des semaines, voire des mois, avant de reprendre l’action, les experts en maladies infectieuses disent qu’un retour trop hâtif comporte de grands risques.

Il y a toutefois plusieurs façons de limiter ces risques.

«C’est une question complexe, mais si certains processus sont suivis et que des protections sont prises, ça peut être sécuritaire», a déclaré le Dr. Isaac Bogoch de l’Hôpital général de Toronto.

«Au final, ça devient un jugement de valeur: est-ce que le retour au jeu est acceptable pour la ligue? Pour les joueurs? Pour les autres personnes qui se trouveront dans l’enceinte? Pour les gens vivant autour des installations? Ce sont ces questions que l’on doit poser.»

M. Bogoch ajoute que ces questions impliquent plusieurs dirigeants clés, en plus de devoir obtenir le feu vert des autorités sanitaires municipales, provinciales et fédérales en premier.

Autre élément important: des tests fréquents et adéquats de détection de la COVID-19 — incluant la prise de température — pour les joueurs, entraîneurs et membres du personnel avant d’entrer dans l’enceinte.

La LNH a dévoilé la semaine dernière son plan de reprise pour l’été, tandis que la NBA et la MLS désirent relancer leurs activités à Orlando, au ESPN Wide World of Sports de Walt Disney World.

Du côté du Baseball majeur, qui n’a toujours pas commencé sa saison 2020, les négociations stagnent pour la présentation d’un calendrier écourté. La Ligue canadienne de football n’a pas annoncé ses couleurs, mais le commissaire Randy Ambrosie a précisé que la ligue ne pourrait reprendre ses activités avant le 1er septembre.

Lorian Hardcastle, professeure de droit et politiques sanitaires à l’Université de Calgary, a indiqué que les tests de dépistage quotidiens de la COVID, comme le propose la LNH, peuvent aider à une reprise sécuritaire.

Les obstacles logistiques devront toutefois être surmontés, a-t-elle ajouté. Comme de s’assurer que les ligues ont suffisamment de tests et accès à des laboratoires d’analyse qui pourront effectuer les tests rapidement.

«Des tests quotidiens pourraient identifier les individus contaminés rapidement, a dit Mme Hardcastle. Les gens avec qui ils ont été en contact seraient également immédiatement testés. La contamination serait alors rapidement circonscrite.»

Plusieurs ligues proposent également de réunir leurs clubs dans des pôles de compétition au lieu d’avoir des déplacements dans plusieurs villes en Amérique du Nord, une stratégie sensée, selon Patrick Saunders-Hastings, épidémiologiste à l’Université Carleton d’Ottawa.

«Chaque fois qu’il y a déplacements entre des régions, on égalise les risques de propagation, a-t-il dit. Mais si ces athlètes proviennent de zones chaudes, ils risquent de faire augmenter les risques dans des zones froides.»

Mme Hardcastle rappelle qu’il faut aussi se soucier des gens qui graviteront autour des équipes, comme les préposés à l’entretien des hôtels, par exemple.

«Les ligues devront faire des efforts significatifs pour protéger ces gens également.»

Gary Bettman, le commissaire de la LNH, a déclaré qu’un test positif n’entraînerait pas l’annulation des activités une fois qu’elles auront repris. Si le Dr Bogoch est d’accord avec cette affirmation, la professeure Hardcastle s’en inquiète. Elle croit que d’avoir des mesures d’urgence en place, comme de mettre les activités en pause pour deux semaines, serait plus sage.

M. Saunders-Hastings suggère quant à lui de mettre l’équipe d’un éventuel joueur testé positif en quarantaine pour deux semaines, admettant toutefois que ce serait problématique pour le reste des activités de la ligue.

Autre mesure de sécurité mise de l’avant par les différentes ligues: les matchs à huis clos. Pour Mme Hardcastle, on ne peut commencer à songer à admettre les partisans avant qu’une deuxième vague ne soit passée ou qu’un vaccin ait été découvert.

M. Saunders-Hastings est d’accord avec elle, bien qu’il croit possible un scénario où un nombre limité de spectateurs assisteraient aux rencontres en respectant une certaine distanciation. Malgré tout, les risques de contagion seraient plus élevés dans ces conditions.

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