Les syndicats accueillent favorablement le remaniement ministériel à Québec

QUÉBEC — Le premier ministre François Legault a causé une certaine surprise en remaniant son cabinet ministériel et en déplaçant plusieurs piliers de son gouvernement. Ces changements notamment en santé, éducation, immigration et au Conseil du Trésor ont toutefois été bien accueillis par les nombreux syndicats du secteur public.

La Fédération des professionnèles de la CSN (FP-CSN) a tenu à «saluer le courage» de procéder à un remaniement ministériel en pleine crise sanitaire. Sa présidente, Ginette Langlois, dit accueillir les principales nominations «avec circonspection en raison de leur style de gestion ou de leur parcours».

Plus précisément en santé, «l’arrivée d’un érudit de la finance fait sourciller» la FP-CSN qui voit dans le choix de Christian Dubé une volonté du gouvernement de renforcer l’imputabilité des gestionnaires.

«La santé est d’abord et avant tout une histoire humaine autant pour les usagers que pour ceux et celles qui portent le réseau à bout de bras», rappelle le syndicat dans son communiqué en insistant sur l’urgence d’améliorer les conditions de travail.

La CSQ veut laisser la chance au coureur en prévenant que «les résultats parleront d’eux-mêmes». Même son de cloche dans le camp de l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS), à un détail près, cela ne veut pas dire que Christian Dubé aura carte blanche. L’APTS n’a d’ailleurs pas caché son étonnement devant l’annonce du remaniement.

De son côté, la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ) ne demande que d’entendre des propositions de «solutions concrètes afin de reconstruire le réseau de la santé» et de «redonner aux professionnelles en soins les moyens de soigner».

«Nous espérons une collaboration constructive et nous veillerons à ce que la voix de nos membres soit réellement entendue», a commenté par voie de communiqué la présidente de la FIQ Nancy Bédard.

La Centrale des syndicats du Québec (CSQ) affirme, elle aussi, avoir constaté «avec surprise» le remaniement ministériel annoncé lundi par François Legault.

La CSQ dit espérer que ces changements vont être suivis d’un «changement de ton» et d’une «bouffée d’air frais dans plusieurs dossiers importants».

Le changement de ton espéré vise principalement le Conseil du Trésor, où se jouent les négociations des conventions collectives du secteur public. L’arrivée de Sonia LeBel laisse croire au syndicat qu’il aura droit à une meilleure écoute de l’autre côté de la table.

À ce sujet, la Confédération des syndicats nationaux (CSN) voit une occasion de donner un nouvel élan aux discussions, sans politisation.

«Un règlement satisfaisant des conventions collectives pour les 500 000 travailleuses et travailleurs des services publics serait une excellente entrée en scène pour la nouvelle présidente du Conseil du trésor», fait remarquer la vice-présidente de la CSN Caroline Senneville.

Dans un autre dossier, la CSQ souhaite également que la nomination de Nadine Girault à l’Immigration puisse mener à l’abandon de la saga entourant la réforme du Programme de l’expérience québécoise (PEQ) qui «n’allait nulle part».

La FP-CSN et la CSQ s’entendent aussi pour dire que la séparation du milieu scolaire et de l’enseignement supérieur était souhaitée.

Un constat que semble confirmer la réaction de la Fédération des cégeps qui s’est réjouie de la nomination de Danielle McCann à l’Enseignement supérieur.

La fédération souligne que les enjeux vécus par les cégeps et universités sont bien différents de ceux qui concernent les écoles primaires et secondaires.

Danielle McCann a également eu droit à un mot de bienvenue du Conseil interprofessionnel du Québec (CIQ). Le conseil a tenu à prévenir la ministre que son nouveau mandat lui réservait des défis de taille.

La Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ-CSN) salue aussi la séparation du ministère de l’Éducation et celui de l’Enseignement supérieur. Elle a espoir que Danielle McCann pourra enfin «placer l’enseignement supérieur au cœur des préoccupations gouvernementales».

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