Les syndicats invitent la CAQ à «faire preuve d’humilité» et à changer d’attitude

MONTRÉAL — Au lendemain de la réélection de la Coalition avenir Québec, les syndicats l’appellent à changer d’attitude et à faire preuve de plus d’«humilité».

La Fédération interprofessionnelle de la santé (FIQ), qui représente la majorité des infirmières et autres professionnelles en soins, rapporte que ses membres pansent encore les plaies de deux années d’arrêtés ministériels, avec des conditions de travail imposées.

La FIQ espère donc «un changement d’attitude» pour ce second mandat accordé par les électeurs à la CAQ.

Elle rappelle que lors de la précédente campagne électorale, la CAQ avait pourtant promis de mettre fin au TSO — ces heures supplémentaires obligatoires qui sont le cauchemar de bien des travailleurs dans la santé — et devait aussi revoir les ratios infirmière-patients.

«Ces engagements ne se sont jamais concrétisés. Aujourd’hui, il se fait réélire avec sensiblement les mêmes promesses. Ce n’est pas étonnant qu’il y ait un certain scepticisme dans nos rangs quant à leur réalisation. Si le gouvernement est sérieux dans ses démarches, il n’a pas besoin d’embaucher une firme à 35 000 $ par jour; la FIQ se fera un plaisir de le conseiller gratuitement», a commenté sa présidente, Julie Bouchard.

De l’humilité s’il-vous-plaît

La Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ), de son côté, demande à la CAQ d’être plus humble. 

«La CAQ devra faire preuve d’humilité. Ce n’est pas vrai que la CAQ peut se vanter d’être le gouvernement de tous les Québécois et Québécoises. Il y a là un grave problème de représentation démocratique. Cela nous rappelle l’importance de réformer rapidement le mode de scrutin, qui pourtant a déjà fait l’objet d’une promesse reniée par la Coalition avenir Québec», a affirmé le président de la FTQ, Daniel Boyer.

Elle invite le gouvernement à s’attaquer aux dossiers importants que sont l’avenir du réseau de la santé, l’établissement du salaire minimum à 18 $ et l’adoption d’un plan de lutte contre les changements climatiques.

Résistez au privé en santé

La CSN, quant à elle, invite le gouvernement caquiste à résister à l’attrait du privé en santé et à investir plutôt dans la remise sur pied des services publics.

«La santé, les services sociaux, mais aussi les services de garde éducatifs doivent redevenir 100 % publics, un gage de services de qualité, où les personnes passent avant les profits», a commenté sa présidente, Caroline Senneville.

Pour un dialogue social

À la Centrale des syndicats du Québec aussi, on appelle le gouvernement réélu de la CAQ au «dialogue social».

Le président de la CSQ, Éric Gingras, rappelle que la pénurie de personnel touche plusieurs secteurs et que les conditions de travail doivent y être améliorées. 

«En éducation, en santé, en enseignement supérieur et en petite enfance notamment, beaucoup de travail nous attend au cours des prochains mois. Le choix des différents ministres sera donc déterminant et enverra un signal clair quant à l’ouverture au dialogue social de ce nouveau gouvernement», a-t-il affirmé.

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