Les syndicats souhaitent de l’argent dans le budget pour remplacer Phénix

OTTAWA — L’un des plus importants syndicats canadiens de la fonction publique réclame que le gouvernement prévoie dans son prochain budget des sommes suffisantes pour le remplacement du désastreux système de paie Phénix.

L’Institut professionnel de la fonction publique du Canada (IPFPC), qui se réclame de plus de 60 000 membres, soutient que les dizaines de milliers de travailleurs qui sont actuellement touchés par les ratés du système pourraient souffrir encore pendant une autre année.

Cela fait trois ans ce mois-ci que le système Phénix a été mis en oeuvre; depuis ce temps, plus de la moitié des employés fédéraux ont été surpayés, sous-payés ou pas payés du tout.

Le gouvernement a peu à peu réduit l’arriéré considérable de dossiers problématiques, mais au moins 275 000 transactions n’étaient toujours pas résolues le 23 janvier dernier.

Le ministre des Finances, Bill Morneau, déposera le mardi 19 mars son dernier budget avant les élections fédérales d’octobre.

La présidente nationale du syndicat des professionnels et scientifiques du gouvernement, Debi Daviau, admet que des progrès ont été réalisés dans la recherche d’un nouveau système de paie pour remplacer Phénix. Mais comme la Chambre des communes ajournera ses travaux avant l’été, en prévision des élections générales d’octobre, les fonctionnaires seront bientôt confrontés à un nouveau problème: une «panne de gouvernement».

«Il faut de l’argent pour tester, mettre en œuvre et entretenir un nouveau système», a rappelé Mme Daviau. «Je ne sais pas comment il sera possible de remplacer le système si les fonds ne sont pas suffisants dans le prochain budget.»

Selon Mme Daviau, le gouvernement semblait être sur la bonne voie pour trouver un nouveau système, après avoir réduit à trois la liste des fournisseurs potentiels. Des progrès ont également été réalisés dans les négociations visant à dédommager les fonctionnaires lésés, a-t-elle déclaré, bien que l’objectif initial était de mettre en place un nouveau système capable de gérer les dossiers de paie de plus de 300 000 employés du gouvernement.

De plus, les syndicats ne recherchent plus un «correctif» au système Phénix: ils espèrent que les données de Phénix pourront être stabilisées afin de pouvoir les transférer assez facilement dans un nouveau système, qui reconnaîtra la complexité de la structure de rémunération fédérale.

Le système Phénix, conçu par le géant américain IBM, avait été lancé il y a trois ans par un nombre limité de ministères dans le but de rationaliser ce qui était devenu une structure lourde et obsolète. Ce nouveau système était également censé faire économiser 70 millions $ par an aux contribuables en supprimant des milliers de postes de conseillers à la paie. On estime maintenant que le coût combiné de la mise en œuvre du système et de sa stabilisation dépasse le milliard de dollars.

L’Institut professionnel de la fonction publique et l’Alliance de la fonction publique du Canada organisent des événements cette semaine pour faire pression sur le gouvernement afin qu’il prenne des mesures plus concrètes pour réduire l’arriéré de paie de Phénix. L’AFPC organisera jeudi un rassemblement dans la région de la capitale nationale pour lancer une série d’actions de plus en plus intensives à travers le pays.

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