Les transporteurs par autobus demandent l’aide d’Ottawa pour traverser la crise

MONTRÉAL — La Fédération des transporteurs par autobus lance un cri du coeur au gouvernement fédéral pour qu’il aide ses membres à traverser la crise de la pandémie.

Avec la fermeture de la frontière et la fin des voyages culturels, sportifs et éducatifs, les transporteurs ont vu leurs revenus chuter de façon draconienne. Cet été — une période cruciale — ils ont vu leurs revenus dégringoler de 80 à 100 %.

«On est vraiment touchés de plein fouet. On touche à tous les secteurs d’activité, le milieu du tourisme, de l’éducation, du corporatif, des croisières et là tout est annulé», a expliqué en entrevue Stéphane Lefebvre, président du conseil d’administration de la Fédération des transporteurs par autobus et président du Groupe Autocar Jeannois.

Depuis le mois de mars, plus de 70 000 contrats ont été résiliés au Québec. Les pertes financières se chiffreraient à 240 millions $.

La Fédération, qui a déjà adressé des demandes au gouvernement du Québec, se tourne maintenant vers le gouvernement Trudeau, qui a promis dans son discours du Trône de venir en aide à l’industrie du tourisme et du voyage.

«Actuellement, le transport nolisé-touristique, bien que nous touchons à 90 % de notre clientèle au tourisme, nous ne sommes pas reconnus dans le milieu du tourisme et dans les aides qu’il y a déjà eu», a indiqué M. Lefebvre.

La Fédération chiffre l’aide demandée à 16 millions $, ce qui permettrait à ses membres de payer leurs coûts fixes et ainsi, possiblement, de survivre jusqu’au printemps.

«Malgré la crise, malgré l’arrêt de nos opérations, pratiquement tous nos frais fixes demeurent. On doit entretenir ces véhicules-là parce que tantôt on va (transporter) encore des personnes à l’intérieur», a affirmé M. Lefebvre.

«Ça coûte aussi cher opérer le véhicule, mais on n’a aucun revenu qui rentre.»

Selon la Fédération, cette situation menace la survie de plus de 160 entreprises et 4000 emplois directs — et déjà, plusieurs de ces employés «spécialisés» ont quitté l’industrie, selon M. Lefebvre.

«C’est une main d’oeuvre qui est très spécifique à notre domaine d’activité. On ne peut pas du jour au lendemain devenir conducteur d’autocar», a-t-il précisé.

Le gouvernement fédéral évalue les options.

Dans un courriel, l’attachée de presse du ministre fédéral des Transports, Marc Garneau, a affirmé que le gouvernement Trudeau reconnaissait que le transport interurbain par autocar avait été «lourdement touché par la pandémie».

«Notre gouvernement est en communication avec les compagnies qui ont été touchées par cette situation. Nous continuerons nos discussions avec nos contreparties provinciales afin de trouver des solutions et d’examiner les options qui pourront nous aider à soutenir l’industrie et lui permettre de se rétablir suite aux impacts de la COVID-19», a indiqué Livia Belcea.

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