Les travailleurs des Fermes Lufa à Laval se syndiquent

MONTRÉAL — Les travailleurs d’un premier établissement des Fermes Lufa, spécialisées en agriculture urbaine, viennent de se syndiquer.

Ce sont les Travailleurs unis de l’alimentation et du commerce (TUAC), affiliés à la FTQ, qui les ont syndiqués.

Ils sont une quinzaine d’employés à travailler dans ces serres, à faire l’entretien et la récolte des cultures. Mais la section locale 501 des TUAC ne s’en cache pas: elle a des ambitions pour d’autres établissements.

Les Fermes Lufa exploitent quatre serres: trois à Montréal, dans Ahuntsic, Anjou et Saint-Laurent, et celle de Laval. Elles font dans l’agriculture urbaine, cultivent sur des toits d’édifices et ont tissé des partenariats avec des producteurs locaux.

Plusieurs enjeux intéressent les nouveaux syndiqués, parmi lesquels la santé-sécurité au travail, les promotions à l’interne en tenant compte de  l’ancienneté, les salaires et la possibilité d’avoir son mot à dire au sein de l’entreprise, a expliqué en entrevue mardi Sami Dellah, représentant de la section locale 501 des TUAC et négociateur.

Il explique que la pandémie de la COVID-19 et l’accent mis sur l’achat local ont fait croître la demande pour les produits agricoles locaux. 

«Dans cette perspective-là d’expansion, quand on voit une grande entreprise mettre beaucoup d’argent pour grandir, c’est là qu’on se dit, en tant que travailleurs: le petit côté familial qu’il y avait, peut-être qu’il faut le revoir, il faut le repenser et peut-être qu’il faut qu’on se donne les moyens de continuer d’avoir notre mot à dire, nos recommandations à faire, etc.» a résumé M. Dellah.

L’employeur, Les Fermes Lufa, n’a pas voulu commenter la syndicalisation de ses travailleurs en tant que telle. Il a toutefois fait parvenir une déclaration sur son engagement envers la communauté.

«Depuis notre fondation, nos employés et la communauté ont toujours été au cœur de notre mission de bâtir un système d’alimentation durable et local. Cela ne changera jamais! Nous avons la chance de compter sur une équipe compétente et engagée dans la réussite des Fermes Lufa et c’est pour nous une grande source de fierté», a fait savoir l’employeur.

M. Dellah espère bientôt commencer à négocier la première convention collective des travailleurs des Fermes Lufa à Laval.

Il nourrit des ambitions pour d’autres établissements. «On veut faire du syndicalisme autrement. On veut une approche globale», affirme-t-il.

Le syndicat des Travailleurs unis de l’alimentation et du commerce est très présent dans la production alimentaire, la transformation alimentaire, les domaines agricoles et le commerce de détail.

La décision du Tribunal administratif du travail stipule que l’unité d’accréditation inclut ceux qui font l’entretien et la récolte des cultures, à l’exception des agronomes, techniciens, employés d’entretien, chauffeurs, employés de bureau, mécaniciens, concierge, sous-traitants et agences.

Laisser un commentaire