Les «trois amigos» discuteront certainement climat à Ottawa le 29 juin

OTTAWA – La lutte aux changements climatiques et l’«énergie verte» devraient figurer en bonne place dans l’ordre du jour du sommet nord-américain du 29 juin, à Ottawa, a estimé lundi un haut fonctionnaire d’Affaires mondiales Canada.

Mais puisque le président Barack Obama quittera la Maison-Blanche en janvier 2017, le Canada ne nourrit pas de grandes ambitions, au-delà des questions climatiques et énergétiques, pour revigorer ce ménage à trois souvent complexe, estime Kevin Thompson, directeur général pour les politiques et les relations avec l’Amérique du Nord à Affaires mondiales Canada. «Nous ne sommes pas à l’heure des projets de grande envergure», a-t-il soutenu.

Participant lundi à une conférence de l’Institut de recherche en politiques publiques, à Ottawa, M. Thompson a rappelé que pendant la visite d’État du premier ministre canadien à Washington, en mars dernier, Justin Trudeau et Barack Obama ont donné de bons indices sur les dossiers bilatéraux qui ont des chances de progresser à court terme.

En dressant le bilan de leurs rencontres, les deux hommes avaient insisté notamment sur des réductions importantes des émissions de méthane, un gaz à effet de serre qui contribue au réchauffement de la planète. Lorsque le président mexicain Enrique Peña Nieto se joindra à eux le 29 juin à Ottawa, il est assez évident, selon M. Thompson, que les questions de climat et d’énergie seront au coeur des discussions entre «les trois amigos» nord-américains. Car il se trouve que les trois administrations sont présentement sur la même longueur d’onde dans ce dossier, estime le haut fonctionnaire canadien.

Mais ni M. Thompson ni le diplomate américain Steven Zate ne s’attendent à une annonce spectaculaire à l’issue de ce sommet d’une journée. M. Thompson croit plutôt que les trois pays se contenteront d’annoncer des «progrès continus et constants» dans une variété de dossiers, notamment la sécurité, l’harmonisation des normes nationales sur les produits dangereux, la simplification du régime nord-américain des brevets et les mesures incitatives à l’entrepreneuriat féminin.

Le «sommet annuel des trois amigos» devait avoir lieu au Canada il y a un an mais le premier ministre Stephen Harper ne voyait pas alors d’avantages politiques à tenir une telle conférence juste avant les élections générales — et alors que Barack Obama tardait à rendre sa décision sur le projet controversé d’oléoduc canadien Keystone XL, si cher au gouvernement conservateur. Le président américain a finalement torpillé le projet après les élections d’octobre.

M. Harper n’était pas plus gagnant du côté de Mexico depuis qu’Ottawa avait imposé un visa aux voyageurs mexicains — une exigence qui d’ailleurs tient toujours. Le gouvernement libéral n’a pas promis publiquement de régler ce litige à temps pour le sommet d’Ottawa, même si M. Trudeau voudrait bien en finir avec cette affaire.

Un des participants à la conférence de lundi, Augustin Barrios Gomez, ancien membre du Congrès mexicain, a d’ailleurs insisté pour dire combien «toute cette paperasserie» constitue un irritant sérieux pour les visiteurs de son pays — notamment ceux qui viennent ici souvent. «Franchement, Canada, mon dieu! Ça ne vous rend vraiment pas justice.»

Président de la Fondation Mexique Image, M. Barrios Gomez croit aussi que le fruit est maintenant mûr pour un «secteur énergétique intégré» à l’échelle du continent: le département américain de l’Énergie mène sa première étude sur le sujet et le gouvernement mexicain investit massivement dans l’énergie verte, visant une cible ambitieuse de 35 pour cent de toute sa production énergétique, a-t-il rappelé.