Les universités du Québec engagées auprès des autochtones pour l’accès à l’éducation

MONTRÉAL — La plupart des universités québécoises s’activent déjà depuis plusieurs années pour améliorer l’accès à l’enseignement supérieur auprès des populations des Premières Nations, révèle un rapport du Bureau de coopération interuniversitaire (BCI). 

L’organisme a dressé un tout premier portrait des actions mises en place par les 19 établissements universitaires de la province pour mieux desservir et tenir compte de la culture des communautés autochtones. 

Les mesures sont présentées sous cinq grandes sphères d’activité: la gouvernance, l’enseignement, l’expérience étudiante, la recherche et la création ainsi que les services à la collectivité. 

L’exercice a aussi permis de réaliser une fiche individuelle de chacune des universités qui sera mise à jour presqu’annuellement. Le rapport énumère également 13 initiatives considérées comme inspirantes et innovantes. 

«On voulait savoir d’où on partait, indique la présidente du groupe de travail du BCI et de l’Université du Québec, Johanne Jean. Ce portrait nous permet de s’inspirer de ce que les autres font. Il y a de belles initiatives dans l’ensemble des établissements universitaires.»

Le début même des démarches pour ce rapport a eu l’effet d’une bougie d’allumage dans le réseau. «La surprise qu’on a eu, c’est qu’à partir du moment qu’on a commencé à documenter, les 19 établissement se sont comme mis en marche pour en faire encore plus. Le portrait qu’on a de 2019 est déjà dépassé malheureusement», mentionne Mme Jean. 

Actions

Un grand nombre d’universités au Québec proposent des cours ou des programmes en lien avec des études et des langues autochtones, par exemple. Du personnel des Premières Nations est aussi présent dans les activités de recherche de plusieurs établissements, souligne le rapport qui a impliqué des représentants de communautés autochtones issus du milieu de l’éducation.

Le portait fait également état de diverses actions pour favoriser l’accueil des étudiants en offrant des services dispensés par des autochtones ou allochtones. Par exemple, l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue a créé un Service des Premiers Peuples qui couvre plusieurs volets pour répondre aux besoins.  

À l’intérieur des administrations, des membres des Premiers Peuples siègent aux conseils d’administrations et à des comités consultatifs ou de gestion administrative et d’éthique à la recherche. Pour plus des deux tiers des universités, leur planification stratégique intègre des enjeux autochtones.

«Le rapport donne de nombreuses pistes. Je pense que les établissements vont pouvoir aller puiser à l’intérieur de beaucoup d’initiatives. On a là un ensemble d’outils», évoque Mme Jean qui estime que les universités ont un devoir d’augmenter le niveau de scolarité des communautés des Premières Nations. 

Utile pour les étudiants

Si le rapport peut servir de source d’inspiration pour les directions d’université, il peut aussi être une source d’informations pour les étudiants et les organisations autochtones, croit la présidente du BCI. 

«Ça peut être utile pour des étudiants qui souhaitent poursuivre leurs études. Ça peut leur donner une idée du type d’accueil qui peuvent avoir et de programmes qu’ils peuvent leur être offerts que ce soit en enseignement ou en recherche création», affirme-t-elle.

Le réseau universitaire au Québec compterait plus de 2000 étudiants autochtones, soit moins de 1% de sa population. Toutefois, il est difficile de déterminer un nombre exact puisque cette donnée se base sur des déclarations volontaires. 

Le rapport de plus de 80 pages sera présenté à l’occasion du prochain forum national sur la réconciliation, en septembre.

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