Les ventes de médicaments pour traiter le cancer ont presque triplé au pays

Les ventes de médicaments pour traiter le cancer ont presque triplé au Canada au cours de la dernière décennie, atteignant 3,9 milliards $ l’an dernier, selon un rapport d’un organisme fédéral.

Le Conseil d’examen du prix des médicaments brevetés a publié des données montrant que les médicaments anticancéreux représentent environ 15 % de toutes les dépenses en produits pharmaceutiques.

«En 2019, les médicaments dont les coûts de traitement sur 28 jours dépassaient 7500 $ représentaient 43 % des coûts des médicaments oncologiques des régimes privés, contre 17 % en 2010», indique le rapport du conseil, qui vise à protéger les consommateurs en veillant à ce que les fabricants ne facturent pas des prix excessifs pour les médicaments brevetés.

Il indique que la croissance du marché canadien de l’oncologie l’an dernier a dépassé celle d’autres pays, dont les États-Unis et la Suisse, avec une augmentation de 20 % par rapport aux ventes de 2018.

Les ventes de médicaments oraux pour le traitement du cancer représentent la moitié de toutes les ventes en oncologie au Canada, comparativement à 37 % en 2010, indique le rapport, ajoutant que si la chimiothérapie intraveineuse est financée par l’État dans toutes les provinces, le remboursement des médicaments oraux diffère à travers le pays.

Steve Morgan, professeur à la School of Population and Public Health de l’Université de la Colombie-Britannique, note qu’il n’est pas logique de couvrir le coût de la chimiothérapie intraveineuse dans les hôpitaux et non celui des médicaments prescrits aux patients en dehors de ces établissements, mais que cela est justifié dans un pays sans plan national d’assurance-médicaments.

«C’est l’un des éléments brouillons du système de soins de santé canadien», a-t-il déclaré, ajoutant qu’il existe un système disparate de couverture entre les juridictions, les agences de lutte contre le cancer de certaines provinces offrant un remboursement limité des traitements oncologiques à domicile.

Un régime national d’assurance-médicaments permettrait au Canada de négocier de meilleurs prix pour les médicaments, a souligné M. Morgan, affirmant qu’il est le seul pays au monde à avoir un système de soins de santé universel sans couverture pour les médicaments sur ordonnance.

Une grande partie des négociations entre pays et fabricants se déroule en secret, a expliqué le professeur Morgan.

«(Le système) est délibérément fait pour camoufler le prix réel de la transaction, le prix réel pour le système de santé, afin qu’aucun pays ne puisse le voir et dire: « hé, attendez une seconde, j’ai entendu dire que les Australiens ont obtenu ce nouveau prix incroyable pour ce médicament ».»

«Ce que nous ne pouvons pas savoir, c’est exactement quels pays en tirent le meilleur profit parce que nous ne voyons pas leurs accords secrets. Nous savons que les prix du Canada sont parmi les plus élevés au monde, et même au-dessus du niveau que le (Conseil d’examen du prix des médicaments brevetés) aimerait voir au début des négociations», a indiqué M. Morgan.

Les pays dotés de systèmes universels à payeur unique pour les médicaments, notamment la Norvège, la Suède, le Royaume-Uni, l’Australie et la Nouvelle-Zélande, utilisent probablement leur pouvoir de négociation pour obtenir de meilleurs prix de la part des fabricants qui demandent des sommes déraisonnables, a-t-il déclaré.

Le Canada devrait compter environ 225 000 nouveaux cas de cancer et 83 000 décès dus à la maladie cette année seulement, selon le rapport du Conseil d’examen du prix des médicaments brevetés.

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