Les vidéos falsifiées sont une menace à la sécurité, selon des élus américains

WASHINGTON — Des élus américains et des experts ont estimé jeudi que les vidéos modifiées avec un logiciel d’intelligence artificielle, mieux connues sous le nom de «deep fakes», constituaient une menace pour la sécurité nationale et les élections américaines de 2020.

Cette technologie, qui utilise la reconnaissance faciale et l’intelligence artificielle pour produire des vidéos falsifiées mais paraissant authentiques, permet à des «acteurs malveillants de fomenter le chaos, la division ou des crises», a déclaré jeudi le représentant Adam Schiff, président du Comité du renseignement de la Chambre des représentants.

Ces vidéos «ont la capacité de perturber des campagnes entières, y compris celle de la présidence», a ajouté M. Schiff, un démocrate de la Californie.

Le Comité du renseignement se penchait sur ce dossier jeudi, quelques semaines après la diffusion d’une vidéo altérée de la présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, qui a été largement partagée sur les médias sociaux. La vidéo donne l’impression qu’elle est ivre ou qu’elle n’a pas toutes ses facultés mentales.

M. Schiff a estimé que la vidéo, qui a été publiée après que Mme Pelosi a mis en doute l’aptitude du président Donald Trump à gouverner, «montre l’ampleur du défi auquel nous sommes confrontés».

Clint Watts, chercheur au Foreign Policy Research Institute, a affirmé que les entreprises technologiques devraient prendre des mesures pour contrer les vidéos falsifiées. Il a également suggéré que les États-Unis imposent des sanctions ou mènent des cyberattaques contre les producteurs de tels contenus.

Un autre membre du comité, le républicain Devin Nunes, de la Californie, s’est dit préoccupé par la trop grande autorité accordée aux géants du web, tels que Facebook et Twitter, pour juger de l’acceptabilité du contenu publié sur leurs plateformes.

M. Nunes a estimé que les filtres actuels étaient biaisés en faveur des progressistes. «La plupart du temps, ce sont des conservateurs qui sont bannis», a-t-il déclaré. «Tout dépend de qui établit le filtre, n’est-ce pas?»

Les services de renseignement américains ont déterminé que la Russie avait mené une vaste campagne de désinformation politique sur les médias sociaux pour influencer l’élection présidentielle de 2016, qui a porté Donald Trump au pouvoir.