Les villes canadiennes n’ont pas fait leurs devoirs pour se préparer aux inondations

MONTRÉAL — Sauf quelques exceptions, les grandes villes canadiennes n’ont pas fait leurs devoirs pour se protéger contre les inondations.

Un rapport préparé par le Centre Intact de l’Université de Waterloo, en Ontario, dresse un constat peu reluisant du niveau de préparation des centres urbains du Canada, accordant la note moyenne de C+ aux 16 plus grandes villes canadiennes, soit exactement la même note qu’en 2015.

Au Québec, la cote de Montréal a reculé, passant de B- en 2015 à C, alors que celle de Québec s’est améliorée, passant de C- à C+.

Ce sont les villes d’Edmonton en Alberta, Regina en Saskatchewan et Toronto et Ottawa en Ontario qui se démarquent, avec une cote de B+, ce qui démontre que même les meilleures ont encore du chemin à faire. La ville de Winnipeg, au Manitoba, vient au dernier rang avec une note de D.

Le rapport souligne que l’ensemble des 53 dirigeants municipaux interrogés pour cette enquête estiment que «les municipalités doivent s’atteler plus sérieusement à la préparation aux inondations. Les changements climatiques et les risques d’inondations associés continuent de s’aggraver». 

«L’absence d’évolution dans le niveau de préparation aux inondations, indiqué par le score moyen qui est demeuré un C+ entre 2015 et 2019/20, est inadmissible. Les villes du Canada doivent accélérer la cadence et emboîter le pas aux meneurs comme Edmonton, Regina et Toronto», ajoute-t-on.

Une contradiction semble être relevée de manière généralisée: d’une part de nombreux participants ont souligné «le besoin de mesures provinciales ou territoriales pour inciter les municipalités à limiter l’exposition actuelle et les risques futurs des aménagements et des redéveloppements dans les basses terres côtières et les plaines inondables». Du même souffle, on note en contrepartie que «les municipalités ne peuvent agir sur les aménagements que dans les zones considérées comme vulnérables selon les normes provinciales de crues réglementaires. Même lorsqu’elles disposent de leurs propres cartes des plaines inondables, elles n’ont pas d’autorité réglementaire et ne peuvent que proposer des stratégies de protection contre les inondations». 

La responsabilité ne revient toutefois pas qu’aux gouvernements, selon le rapport qui affirme qu’il est «impératif que les résidents assurent la résilience de leurs propriétés et mettent en place des mesures de protection contre les inondations». 

Montréal et Québec

Montréal «se démarque dans certaines sphères de la préparation, soit l’évaluation des risques d’inondations, la planification de l’aménagement du territoire et l’évaluation du drainage urbain», selon les auteurs du rapport. Ils notent toutefois qu’elle se classe sous la moyenne en ce qui a trait à «l’atténuation des risques pour les propriétés résidentielles et les infrastructures essentielles, la santé et la sécurité publiques et la gestion des urgences». 

Du côté de la Vieille Capitale, celle-ci obtient de bonnes notes «sur certains plans de la préparation, particulièrement l’évaluation des risques d’inondations, la planification de l’aménagement du territoire, l’évaluation du drainage urbain et l’atténuation des risques pour les infrastructures essentielles». Inversement, elle se classe sous la moyenne «en matière d’atténuation des risques pour les propriétés résidentielles, de la santé et la sécurité publiques et de la gestion des urgences. Par exemple, elle n’offre aucune subvention pour l’évaluation de la vulnérabilité des maisons». 

De façon plus pointue, on ajoute que «sur le plan de la santé et la sécurité publiques, Québec n’a pas de politiques majeures en place pour encadrer ou limiter les rejets de produits chimiques dangereux». 

L’analyse réalisée par l’université ontarienne repose sur huit critères, soit l’évaluation des risques d’inondations, la planification de l’aménagement du territoire, l’évaluation du drainage urbain, l’atténuation des risques pour les propriétés résidentielles et pour les infrastructures essentielles, la santé et sécurité publiques, la gestion des urgences et la nomination d’un directeur de la résilience. 

Le Centre Intact d’adaptation au climat (Centre Intact) est un centre de recherche appliquée de l’Université de Waterloo, fondé en 2015 avec le soutien financier d’Intact Corporation financière, une compagnie d’assurance en dommages. 

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