L’escouade ELTA contre les armes à feu sera en fonction le 22 février à Montréal

MONTRÉAL — Peu après la mort d’une adolescente par balles, la mairesse de Montréal, Valérie Plante, a fait savoir que l’escouade ELTA contre le trafic d’armes sera opérationnelle d’ici la fin du mois de février.

Et pour que les citoyens se sentent en sécurité dès maintenant, la présence policière sera accrue dans les quartiers touchés par une recrudescence de violence dans le nord-est de la métropole.

Mme Plante demande aussi de l’aide à Ottawa, non seulement pour le contrôle des armes à feu, mais aussi pour donner au Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) ce qu’il faut pour combattre les trafiquants: plus d’effectifs pour s’attaquer à ce fléau, mais aussi de l’équipement informatique dédié aux enquêtes.

La mairesse a convoqué les médias jeudi matin en compagnie du directeur du SPVM, Sylvain Caron, pour faire le point sur la situation et rassurer la population.

Les Québécois ont été choqués d’apprendre la mort de Meriem Boundaoui, une jeune fille de 15 ans sans histoire, abattue dimanche alors qu’elle se trouvait dans un véhicule en compagnie d’un ami — au mauvais endroit, au mauvais moment.

«Personne n’est demeuré indifférent, moi le premier, comme père de famille. Ce qui s’est passé ne devrait jamais arriver», a déclaré le directeur du SPVM.

«Je me suis engagé auprès de la famille pour retracer l’auteur ou les auteurs de ce crime crapuleux.»

L’escouade ELTA comptera 22 enquêteurs spécialisés pour s’attaquer au trafic d’armes à feu illégales, «pour tenter de saisir ces armes avant qu’elles ne soient utilisées pour commettre des crimes violents». Il faut trouver les réseaux d’armes et arrêter les têtes dirigeantes, a précisé M. Caron. L’escouade sera déployée à compter du 22 février.

«Nuire à l’approvisionnement des individus criminalisés en armes à feu aura un impact direct sur le nombre d’événements violents et, par le fait même, sur le sentiment de sécurité des citoyens et des citoyennes», indiquait le SPVM en décembre dernier quand la création de l’escouade avait été annoncée.

M. Caron a fait état d’un «phénomène de banalisation des armes». Des jeunes qui s’affichent sur les médias sociaux avec des armes à feu, «ce n’est pas normal», a-t-il dit.

La mairesse a dit avoir parlé au premier ministre Justin Trudeau mercredi soir au sujet du contrôle des armes de poing, et doit aussi en discuter la semaine prochaine avec le ministre fédéral de la Sécurité publique, Bill Blair. Ottawa se dit en faveur de permettre aux municipalités de réglementer les armes sur leurs territoires, mais Mme Plante juge cette approche inefficace puisque les armes peuvent être facilement transportées d’une ville à l’autre.

«Bien sûr, dans l’immédiat, ça ne réglera pas tout, mais c’est absolument nécessaire», a soutenu Mme Plante.

La mairesse et son chef de police sont d’accord sur ce sujet: cette situation n’est pas uniquement un enjeu de criminalité, mais aussi un enjeu social. «Il faut investir dans le milieu communautaire et renforcer la prévention», a estimé M. Caron.

La pandémie a détérioré les conditions de vie de citoyens vulnérables, a souligné Mme Plante, et cela peut contribuer à marginaliser certaines personnes. 

Par ailleurs, les organismes communautaires sont débordés, et ils ont besoin de soutien et de moyens financiers supplémentaires pour remplir leur rôle crucial. Car ils ont un impact positif dans les secteurs actuellement touchés par une hausse des crimes violents, juge-t-elle, en aidant à réduire le sentiment d’exclusion de certains jeunes.

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