L’Espagne avance vers la légalisation de l’euthanasie et du suicide assisté

MADRID — La chambre basse du Parlement espagnol a approuvé jeudi un projet de loi qui autorisera le suicide médicalement assisté et l’euthanasie pour les personnes souffrant depuis longtemps de maladies incurables ou de conditions permanentes insupportables.

Le projet de loi, qui a été soutenu par le gouvernement de coalition de gauche et plusieurs autres partis, a été approuvé par 198 voix contre 138. Le Parti populaire (conservateur) et le parti d’extrême droite Vox ont voté contre.

Le texte doit maintenant être soumis au Sénat, où l’on s’attend à ce qu’il soit adopté. Selon le projet de loi approuvé par le Congrès des députés, il n’entrera en vigueur que trois mois après sa publication au journal officiel.

«En tant que société, nous ne pouvons pas rester impassibles face à la douleur intolérable dont souffrent de nombreuses personnes», a déclaré le ministre espagnol de la Santé, Salvador Illa, devant les élus.

L’Espagne suit ainsi les traces de son voisin, le Portugal, dont le Parlement a approuvé en février des projets de loi similaires visant à légaliser le suicide médicalement assisté et l’euthanasie. Ces projets de loi n’ont pas encore été promulgués et pourraient se heurter à la résistance du président portugais.

L’euthanasie — lorsqu’un médecin administre directement des médicaments mortels à un patient — est légale selon certains critères spécifiques en Belgique, au Canada, en Colombie, au Luxembourg, aux Pays-Bas et en Suisse. Dans certains États américains, le suicide médicalement assisté — où les patients s’administrent eux-mêmes le médicament mortel, sous surveillance médicale — est autorisé.

Un petit groupe de personnes s’est rassemblé devant la chambre basse du Parlement à Madrid pour protester contre le projet de loi. Les groupes qui soutiennent la législation ont aussi organisé des rassemblements dans différentes villes du pays pour célébrer l’adoption du projet de loi.

La loi permettra aux professionnels de la santé, tant dans le secteur public que privé, d’assister les patients qui expriment leur souhait de mourir plutôt que de continuer à souffrir «d’une maladie grave et incurable» ou d’une «maladie débilitante et chronique» que la personne considère comme «insupportable».

Les patients devront exprimer leur souhait à quatre reprises au cours du processus, qui pourrait durer plus d’un mois. Les deux premières demandes devront être faites par écrit et présentées à plus de deux semaines d’intervalle. Le patient devra réaffirmer cette demande une troisième fois après avoir consulté un médecin, et une quatrième fois juste avant de subir l’intervention pour mettre fin à ses jours.

Le processus devra être supervisé par une équipe médicale dirigée par un médecin et un autre médecin qui agira comme superviseur externe. Les demandes devront être approuvées par un conseil de surveillance dans chaque région. La personne qui demandera à exercer son droit de mourir devra être un citoyen ou un résident espagnol, majeur et capable de prendre des décisions rationnelles.

La loi permettra également à tout professionnel de la santé de refuser de donner la mort à un patient si cela contrevient à ses convictions personnelles. 

– Par The Associated Press

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