L’Europe n’enverra que 30 observateurs électoraux aux États-Unis

La plus grande organisation de sécurité européenne, qui devait envoyer jusqu’à 500 observateurs pour surveiller les élections aux États-Unis, n’en déploiera finalement que 30 en raison de la pandémie de coronavirus. 

L’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) — mieux connue pour avoir supervisé les élections dans des pays comme la Biélorussie ou le Kirghizistan — a passé des mois à tenter de déterminer comment elle pourra avoir à l’oeil l’une des élections «les plus difficiles des dernières décennies» en raison de la crise sanitaire mondiale.

L’OSCE avait prévu déployer 100 observateurs à long terme, et 400 autres à court terme à compter de ce mois-ci. Mais les inquiétudes sur la santé et les restrictions de voyage ont forcé l’organisation à revoir ses plans.

Ce sont plutôt 30 observateurs qui se rendront au pays, a révélé à l’Associated Press la porte-parole Katya Andrusz.

Soudainement, ce qui devait être le plus important convoi de surveillance des élections de l’Europe aux États-Unis est devenu l’un des plus petits. L’OSCE avait envoyé 49 observateurs pour les élections de mi-mandat en 2018, mais environ 400 pour l’élection présidentielle de 2016.

«Alors que nous avions prévu envoyer une mission d’observation électorale à part entière, les craintes pour la sécurité ainsi que les restrictions de voyage continues causées par la pandémie de COVID-19 créent des défis», a indiqué Mme Andrusz dans un courriel.

Les 30 observateurs doivent se rendre aux États-Unis au début du mois prochain et ils resteront jusqu’au 3 novembre, a-t-elle précisé.

En mars dernier, la mission américaine auprès de l’OSCE avait demandé des observateurs, comme tous les pays appartenant au groupe sont obligés de le faire. Le Bureau des institutions démocratiques et des droits de l’homme de l’organisation déploie des observateurs pour le vote des États-Unis depuis les élections de mi-mandat de 2002 — dans la foulée du second dépouillement de l’élection présidentielle de 2000, dont le résultat était resté incertain pendant des semaines.

Généralement, l’organisation envoie une petite délégation des mois avant une élection pour faire une «évaluation des besoins». Celle-ci a été effectuée à distance début juin «en raison de l’urgence sanitaire mondiale et des restrictions sur les voyages transfrontaliers», ont déclaré des responsables.

Le groupe de sécurité européen avait publiquement critiqué le système du collège électoral aux États-Unis, affirmant qu’il «n’offrait pas l’égalité du vote» comme le ferait un vote populaire.

Même si l’accès aux observateurs a été autorisé de nombreux États américains ne les acceptent pas et d’autres laissent cela à la discrétion des responsables des élections locales. Seuls la Californie, le Missouri, le Nouveau-Mexique et Washington, D.C., autorisent expressément les moniteurs internationaux.

Les appels se sont multipliés pour qu’un examen plus approfondi soit effectué en novembre, puisqu’exceptionnellement, cette fois-ci, de nombreux Américains voteront par correspondance.

«Les États-Unis se présentent comme le modèle démocratique que les nations du monde entier devraient imiter. Mais si l’Amérique veut vraiment être l’exemple de la démocratie, alors elle devrait prouver que ses élections sont, en fait, libres et équitables, et laisser le monde regarder», a déclaré le «Boston Globe» dans un éditorial le mois dernier.

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