L’ex-conjoint de Cassidy Bernard accusé de meurtre au deuxième degré

WE’KOQMA’Q, N.-É. — Plus d’un an après la découverte du corps de Cassidy Bernard, 22 ans, dans sa résidence située sur le territoire de la Première Nation We’koqma’q, au Cap-Breton, la Gendarmerie royale du Canada (GRC) a annoncé mardi l’arrestation de son ex-conjoint pour meurtre au deuxième degré.

Le meurtre de la jeune femme mi’kmaq a provoqué une vague de tristesse et de colère au sein de la communauté autochtone qui a organisé des manifestations et a offert une récompense de 100 000 $ en échange d’informations menant à une condamnation.

La police a tenu une conférence de presse au centre communautaire local pour annoncer l’arrestation de Dwight Austin Isadore, 20 ans, de Wagmatook, qui a été inculpé d’un chef d’accusation de meurtre au deuxième degré et de deux chefs d’accusation d’abandon d’enfant.

Au moment de la découverte de la dépouille de Cassidy Bernard, le 24 octobre 2018, ses petites jumelles, âgées d’à peine cinq mois, ont été retrouvées dans un berceau à côté d’elle. Les bébés souffraient de déshydratation, mais n’avaient pas subi de blessures.

«Des membres de la famille sont ici avec nous aujourd’hui et nous sommes reconnaissants pour leur soutien tout au long de l’enquête», a déclaré le sergent Glenn Bonvie de la GRC.

«Je ne peux pas parler pour eux, mais je sais que nos enquêteurs ont consacré toute leur attention à résoudre cette affaire et qu’ils sont demeurés constamment en contact avec la famille. J’espère que l’arrestation et la mise en accusation aideront au processus de deuil de la famille et de toute la communauté», a-t-il poursuivi.

Interrogé à propos de la longueur de l’enquête, qui a duré plus d’un an, le sergent Bonvie a répondu qu’on ne peut pas précipiter ce genre de dossier.

L’agente d’information de la GRC en Nouvelle-Écosse, la caporale Jennifer Clarke, a poursuivi en français. «Parfois les accusations sont portées rapidement et parfois l’enquête dure plus longtemps. Quand nous menons une enquête, il est important de recueillir chaque élément de preuve pour que les accusations résistent à l’épreuve des tribunaux.»

Glenn Bonvie a refusé de divulguer les détails de la preuve ou les circonstances précises entourant la mort de Mme Bernard, affirmant que le dossier est maintenant entre les mains du tribunal. Très peu d’informations ont été partagées par la police concernant cette histoire.

Le sergent a tout de même précisé que le suspect a été arrêté lundi à Baddeck, en Nouvelle-Écosse, et qu’aucune autre accusation ni aucune autre arrestation n’étaient envisagées dans cette affaire.

Par ailleurs, la GRC a souligné qu’elle avait apprécié les efforts déployés par la communauté pour sensibiliser le public au sujet de ce crime.

«C’était définitivement un avantage, a reconnu le sergent Bonvie. C’est bon de savoir que nous avions ce soutien supplémentaire.»

En avril dernier, deux des sœurs de Cassidy Bernard ainsi qu’une cousine ont rencontré brièvement le premier ministre de la Nouvelle-Écosse, Stephen McNeil, et d’autres membres de l’Assemblée législative pour attirer l’attention sur l’affaire.

«Nos vies sont précieuses et nos vies comptent, avait alors déclaré Annie Bernard-Daisley, l’une des cousines de la victime. Depuis trop longtemps, depuis la colonisation, nos femmes ont été chassées. Quand je dis chassées, c’est qu’elles ont été assassinées et qu’elles sont disparues sans laisser de traces.»

En novembre 2018, des centaines de manifestants ont bloqué la route de Canso Causeway reliant le Cap-Breton à la Nouvelle-Écosse afin de sensibiliser la population au sort des femmes autochtones disparues et assassinées.

L’événement étant surnommé la manifestation de la robe rouge, de nombreuses manifestantes portaient des robes rouges ou des vêtements rouges. D’autres ont publié sur les réseaux sociaux des photos de robes rouges suspendues aux fenêtres ou à des arbres pour montrer leur solidarité avec le mouvement.

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