L’ex-député du PLC en Ontario Raj Grewal accusé de fraude et d’abus de confiance

OTTAWA — L’ancien député libéral fédéral ontarien Raj Grewal a été accusé vendredi de fraude et d’abus de confiance, pour des millions de dollars de prêts qu’il aurait obtenus en utilisant sa position politique.

La Gendarmerie royale du Canada allègue aussi que l’ancien député de Brampton-Est, dans la grande région de Toronto, a utilisé à son profit personnel le budget de son bureau de comté, financé par les contribuables. Il aurait aussi omis de déclarer au commissaire fédéral à l’éthique les prêts qu’il avait obtenus.

M. Grewal fait face à quatre chefs d’abus de confiance et un chef de fraude; il doit comparaître devant le tribunal le 6 octobre. Son avocat, Nader Hasan, a indiqué dans un courriel vendredi que M. Grewal niait catégoriquement toutes les allégations, «comme il le fait sans relâche depuis 2018», et qu’il était impatient de pouvoir blanchir sa réputation à l’issue des procédures.

Ces accusations font suite à une enquête amorcée par la GRC en 2017, près de deux ans après l’entrée de M. Grewal aux Communes, à l’issue des élections générales d’octobre 2015. La recrue libérale avait quitté le caucus en novembre 2018, en invoquant des raisons personnelles et des ennuis de santé. Il a siégé ensuite comme député indépendant, mais il ne s’est pas représenté au scrutin de 2019.

Le cabinet du premier ministre avait parlé à l’époque d’une dépendance au jeu et M. Grewal a ensuite publié une vidéo dans laquelle il reconnaissait ses problèmes d’argent et de jeu compulsif. Il a raconté qu’il avait commencé à fréquenter le Casino du Lac-Leamy, à Gatineau, au début de 2016, et qu’il avait accumulé des dettes de plusieurs millions de dollars en jouant très gros au blackjack.

Il a alors commencé à emprunter de l’argent à sa famille et à ses amis pour continuer à jouer. «Je tiens à préciser que chaque prêt personnel qui m’a été accordé l’a été par chèque. Tout le monde a été remboursé et chaque prêt et remboursement est transparent et traçable», disait-il alors.

La GRC a précisé que son enquête avait été amorcée sur la base d’informations transmises en 2017 par l’agence qui retrace les transactions financières suspectes au Canada — le CANAFE.

Au moment de sa démission du caucus libéral, M. Grewal a également fait l’objet d’une enquête pour déterminer s’il s’était placé en situation de conflit d’intérêts lorsqu’il a invité un entrepreneur en construction — qui retenait alors ses services juridiques — à des événements officiels lors du voyage en Inde du premier ministre Justin Trudeau en février 2018.

Charlie Angus, porte-parole néo-démocrate en matière d’éthique et l’un des députés qui s’étaient plaints de cette affaire en 2018, croit que c’est là que les problèmes de M. Grewal ont commencé, pour s’envenimer par la suite. Selon M. Angus, cela reflète tout à fait l’esprit chez les libéraux, qui croient que les lois ne s’appliquent pas à eux. «Les accusations d’aujourd’hui devraient rappeler à M. Trudeau que même s’il n’aime pas ces règles, cela ne le place pas, lui ou d’autres libéraux, au-dessus des lois», a soutenu M. Angus vendredi.

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