L’ex-députée libérale Fatima Houda-Pepin est nommée déléguée du Québec à Dakar

QUÉBEC — L’ex-députée libérale Fatima Houda-Pepin devient déléguée générale du Québec à Dakar, au Sénégal.

Sa nomination a été confirmée mercredi, en marge de la réunion hebdomadaire du conseil des ministres.

L’ex-ministre libérale des Relations internationales, Christine St-Pierre, avait assuré officiellement cette présence diplomatique du Québec au Sénégal, une première pour le Québec en terre africaine, en 2018, juste avant le déclenchement des élections générales.

Les bureaux du Québec à Dakar étaient fonctionnels depuis 2016, mais le statut officiel de délégation générale n’a été obtenu qu’en 2018.

Pour le gouvernement précédent, l’idée consistait à étendre le rayonnement diplomatique, culturel et économique du Québec, membre actif de la Francophonie, à travers ce continent trop souvent négligé, qui compte bon nombre de pays francophones.

Le territoire couvert par la délégation sera très vaste, incluant le Sénégal, le Bénin, le Burkina Faso, le Cap-Vert, la Guinée, la Guinée-Bissau, le Mali, le Niger, le Togo, la Gambie, le Cameroun et le Gabon.

On estime qu’environ 85 pour cent des francophones du globe vivront en Afrique en 2050.

D’origine marocaine, Mme Houda-Pepin, âgée de 67 ans, a été députée libérale de La Pinière pendant 20 ans, de 1994 à 2014.

Elle s’était brouillée avec le caucus libéral, et surtout avec l’ex-premier ministre Philippe Couillard, en 2013, sur la question de la laïcité de l’État.

En rupture avec son équipe, les libéraux soutenaient alors qu’elle avait quitté le caucus de son plein gré, mais elle a toujours prétendu en avoir été expulsée, en raison de ses idées sur la laïcité et le port de signes religieux.

Musulmane, elle se disait inquiète de la montée de l’intégrisme et contestait la position de son parti, qui rejetait toute interdiction de porter des signes religieux, par respect des droits fondamentaux.

«Il est permis d’interdire, quand l’intérêt public l’exige», répliquait-elle alors, soucieuse de défendre les droits des femmes.

Elle a siégé quelques mois comme députée indépendante à l’Assemblée nationale, en 2014, et a tenté en vain de conserver sa circonscription lors des élections générales, en tant que candidate indépendante, mais les électeurs lui ont préféré le libéral Gaétan Barrette pour lui succéder dans La Pinière, sur la rive-sud de Montréal.

Depuis son départ de la politique, Mme Houda-Pepin prononçait des conférences et agissait comme consultante à l’international. Depuis 2016, elle tenait une chronique dans Le Journal de Montréal.

L’ancienne vice-présidente de l’Assemblée nationale possède une maîtrise (Université d’Ottawa) et une scolarité de doctorat (Université de Montréal) en relations internationales.

Les plus populaires