L’ex-entraîneur de ski alpin Charest subit son procès pour agressions sexuelles

SAINT-JÉRÔME, Qc – Le procès de Bertrand Charest, ancien entraîneur national de ski alpin qui fait face à 57 chefs d’accusation liés à des agressions sexuelles, a entendu sa première présumée victime, jeudi matin, au palais de justice de Saint-Jérôme.

La femme a raconté dans son témoignage que l’accusé avait commencé à l’embrasser et à lui toucher les seins en 1997, alors qu’elle avait 17 ans.

Elle a aussi soutenu qu’elle avait eu d’autres rencontres de nature sexuelle avec Bertrand Charest au cours des mois suivants, lors de déplacements de l’équipe nationale de ski en France et en Autriche, mais aussi à Mont-Tremblant, au Québec, où les skieuses s’entraînaient.

Selon le témoin, ces rencontres de nature sexuelle se sont déroulées dans des chambres d’hôtel, dans une camionnette, sur une table de physiothérapie, dans un avion et à la résidence de l’entraîneur.

Elle a décrit Bertrand Charest comme un entraîneur «très contrôlant» qui gérait la carrière de ses élèves «de A à Z». Il surveillait ce qu’elle mangeait, où elle habitait et où elle étudiait.

La présumée victime se disait que la relation était «anormale» même si elle se croyait amoureuse de Bertrand Charest, qui est aujourd’hui âgé de 51 ans.

«Il se moquait de moi, il a descendu mon estime de moi le plus bas possible puis la relevait petit à petit avec des petits compliments», a-t-elle raconté.

Elle a affirmé qu’elle n’avait jamais été forcée d’être en présence de l’entraîneur, mais le sentiment de «culpabilité et de honte» a progressé au point où elle est devenue malade en 1997 et a commencé à vomir et à souffrir de migraines.

Bertrand Charest l’a alors amenée voir son propre père, un médecin.

Tout au long du témoignage, jeudi, l’accusé prenait beaucoup de notes.

Une lettre de Saint-Valentin

Au cours du contre-interrogatoire, l’avocat de la défense Antonio Cabral a questionné en détail la témoin au sujet d’un présumé incident en France, lui demandant de se souvenir du nom des personnes qui étaient près d’elle à ce moment-là, cherchant à savoir les raisons qui l’avaient poussée à se rendre dans la chambre d’hôtel de Bertrand Charest et si l’accusé partageait cette chambre avec un autre entraîneur.

Me Cabral l’a aussi interrogée sur une lettre écrite à M. Charest à la Saint-Valentin de 1997 dans laquelle elle lui exprimait des sentiments de respect et d’admiration. «Est-ce le genre de chose que l’on dit à quelqu’un qui vous dénigre?», a lancé l’avocat.

Un autre avocat de Bertrand Charest, Jacky-Éric Salvant, a dit que cette missive et une autre écrite en septembre semblaient peindre une relation amoureuse qui «n’était pas qu’une relation de coercition».

Bertrand Charest, qui est détenu depuis son arrestation il y a deux ans, est notamment accusé d’agressions sexuelles, mais aussi d’abus de confiance, puisqu’il se trouvait en situation d’autorité. Les 12 victimes présumées étaient âgées de 12 à 19 ans au moment des faits allégués. Le procès pourrait durer un mois.

De 1996 à 1998, l’accusé était membre du personnel d’entraîneurs des athlètes féminines au sein de Canada Alpin, l’organisme national régissant le ski de compétition au pays. Les faits allégués se seraient produits à Mont-Tremblant et à Whistler, en Colombie-Britannique, mais aussi en France, aux États-Unis, en Autriche et en Nouvelle-Zélande.

Le procès se poursuit vendredi et pourrait durer environ un mois.