L’ex-journaliste de Radio-Canada Claude Jean Devirieux s’est éteint

MONTRÉAL – L’ancien journaliste Claude Jean Devirieux, qui a été à l’emploi de Radio-Canada pendant les années 1960 et 1970, s’est éteint jeudi à l’âge de 85 ans, a indiqué le diffuseur public.

Atteint d’un cancer «depuis longtemps», M. Devirieux «a pu bénéficier de l’aide médicale à mourir» et il a rendu son dernier souffle dans un hôpital de Montréal «entouré de ses quatre enfants», indique Radio-Canada.

Français d’origine, Claude Jean Devirieux était arrivé au Québec au début des années 1950. Il a été par la suite journaliste à la radio et à la télévision de Radio-Canada pendant une trentaine d’années.

C’est lui qui, affecté à la couverture du défilé de la Saint-Jean-Baptiste de 1968 à Montréal, avait qualifié de «lundi de la matraque» la gestion policière de l’émeute qui avait éclaté près du premier ministre canadien Pierre-Elliott Trudeau, assis dans l’estrade d’honneur à l’ancienne bibliothèque de Montréal. Les élections fédérales avaient lieu le lendemain, 25 juin.

Malgré l’émeute, Radio-Canada avait continué de retransmettre le défilé comme si de rien n’était, avec l’annonceur Henri Bergeron imperturbable. M. Devirieux, lui, avait été interdit d’antenne le lendemain, pour la soirée électorale fédérale, à cause de sa couverture de l’émeute. Les journalistes du service français ont alors débrayé en bloc, et la traditionnelle soirée électorale de Radio-Canada n’a jamais eu lieu ce 25 juin 1968.

Plus tard, c’est Claude Jean Devirieux qui devient notamment le journaliste attitré par Radio-Canada à la «conquête spatiale» dans les années 1970. Après sa retraite de Radio-Canada, en 1986, il a été consultant en communications. Il a aussi écrit des essais: «Manifeste pour le droit à l’information» (2009) et «Pour une communication efficace» (2007). En 2012, dans le livre «Derrière l’information officielle», M. Devirieux relate, sous forme d’abécédaire, des souvenirs et anecdotes de sa carrière.

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Il fut mon maître en écriture radiophonique au début de ma carrière à Radio-Canada. Ma pensée l’accompagne dans le mystère.