L’ex-maire Yves Lévesque devient candidat du PC dans Trois-Rivières

TROIS-RIVIÈRES, Qc — L’ancien maire de Trois-Rivières Yves Lévesque est officiellement devenu candidat conservateur jeudi soir, alors qu’il a été présenté aux militants du parti par le chef Andrew Scheer lui-même, devant des troupes visiblement motivées à défaire les libéraux l’automne prochain.

M. Lévesque, qui a démissionné de son poste de maire entre Noël et le jour de l’An pour des raisons de santé, n’avait rien perdu de sa fougue caractéristique lorsqu’il s’est adressé aux quelque 500 partisans venus l’encourager.

«Andrew Scheer, le chef, je suis un gars optimiste, j’ai presque le goût de l’appeler le premier ministre, ce n’est pas un homme qui va aller se déguiser dans les autres pays», a lancé d’entrée de jeu le nouveau candidat, sarcastique, devant des applaudissements nourris.

Il ne s’agissait-là que de l’une des nombreuses flèches qui ont été décochées envers les libéraux de Justin Trudeau au cours de la soirée, qui sont passés dans le tordeur pour des raisons économiques, de scandales et de manque de savoir-faire.

«François-Philippe Champagne se promène avec une valise de 140 millions. Il l’ouvre, puis il la referme. C’est toujours compliqué», a lancé Yves Lévesque à l’endroit du ministre des Infrastructures et député de Saint-Maurice-Champlain, en Mauricie.

Celui qui a été maire de Trois-Rivières de 2002 à 2018 est revenu avec émotion sur les raisons de santé qui l’ont poussé vers la sortie à la fin de l’année dernière.

«J’ai deux vitesses : on et off. Mon médecin m’avait recommandé de ralentir, mais je n’ai pas voulu, pour moi c’était être faible. C’était contre mes valeurs et mes principes, mais j’ai quitté ma ville et ça a fait mal. J’ai rempli mes batteries, j’en avais besoin», a-t-il confié, lorsqu’invité à répondre aux critiques qui lui reprochaient d’avoir délaissé les Trifluviens pour ses intérêts politiques.

Andrew Scheer, lui, ne cachait pas sa fierté d’avoir réussi à enrôler Yves Lévesque dans les rangs conservateurs, le qualifiant d’«homme du peuple».

Le chef en a profité pour se joindre aux assauts de son nouveau poulain envers le parti au pouvoir.

«Les Canadiens ne veulent pas d’un gouvernement qui dépense sans penser aux conséquences. Je suis confiant de tasser les libéraux après un mandat seulement, mais il faudra travailler fort, car ils vendront chèrement leur peau», a-t-il prévenu sur un ton motivateur.

Accueil mitigé

Des manifestants attendaient les troupes conservatrices à Trois-Rivières avant le début de la soirée pour leur reprocher notamment leurs orientations en matière environnementale et en ce qui concerne le droit à l’avortement.

Andrew Scheer assurait ne pas s’en formaliser et défendait plutôt le bilan de sa formation politique.

«Les conservateurs ont le bilan le plus fort en ce qui concerne les enjeux environnementaux. Nous allons annoncer notre plan dans quelques semaines ici, au Québec, et ça va dissiper toutes les inquiétudes. Chose certaine, il n’y a aucun sens pour nous d’acheter du pétrole des États-Unis ou de l’Arabie saoudite quand on en produit ici», a-t-il martelé.

Sur la question de l’avortement, M. Scheer a hésité davantage et a renvoyé la balle dans le camp ennemi.

«Notre position a toujours été claire. C’est le Parti libéral qui veut rouvrir ce débat et importer une situation qui prévaut aux États-Unis. J’ai toujours été très clair, on ne va jamais rouvrir ce débat.»