L’ex-otage Joshua Boyle obtient sa libération sous strictes conditions

OTTAWA — L’ancien otage en Afghanistan Joshua Boyle, qui fait face à plusieurs accusations d’agression, sera libéré sous caution avec des conditions strictes.

Le juge Robert Wadden a rendu vendredi sa décision devant un tribunal de l’Ontario, après trois jours d’audience cette semaine.

Selon ses conditions de libération, Joshua Boyle doit vivre en résidence surveillée avec ses parents à Smiths Falls, en Ontario, et porter un bracelet électronique qui peut suivre ses déplacements.

L’accusé et chacun de ses parents devront verser une caution de 10 000 $. Patrick et Linda Boyle se portent garants de leur fils, qui devra toujours être accompagné de l’un d’eux s’il quitte leur résidence.

«Ils sont heureux que Joshua rentre à la maison», a rapporté un de ses avocats, Lawrence Greenspon.

Me Greenspon a précisé que son client serait probablement libéré lundi.

L’ex-otage pourra seulement se rendre à Ottawa pour comparaître en cour et pour consulter un médecin ou ses avocats. Il ne pourra ni posséder d’arme ni consulter des sites internet, et devra poursuivre son traitement psychiatrique.

Il avait été arrêté par la police d’Ottawa en décembre et accusé de plusieurs infractions, notamment de voies de fait, d’agression sexuelle, de séquestration et d’avoir fait administrer une substance délétère.

Ces accusations concernent deux victimes présumées, mais une ordonnance du tribunal interdit la publication de tout détail qui pourrait permettre de les identifier ou d’identifier des témoins.

La preuve et les arguments présentés lors de l’audience sur sa libération sous caution sont également frappés d’une ordonnance de non-publication.

Joshua Boyle et sa femme américaine, Caitlan Coleman, ont été enlevés en 2012 par un groupe lié aux talibans lors d’un voyage d’aventure en Afghanistan.

Le couple et les trois enfants qu’ils ont eus pendant leurs cinq années de captivité ont été libérés par les forces pakistanaises en octobre dernier.

Les accusations contre le père de famille se rapportent à des incidents qui auraient eu lieu entre le 14 octobre et le 30 décembre, après son retour au Canada.

Ces accusations n’ont pas été prouvées devant un tribunal. La date de son procès devrait être fixée à son retour en cour, prévu le 15 juin.

Me Greenspon a déclaré à la cour à la fin du mois de janvier qu’une première évaluation avait conclu que son client était apte à subir son procès, mais qu’il bénéficierait d’une évaluation plus complète dans un centre de santé mentale de Brockville, en Ontario.

L’évaluation psychiatrique confidentielle a été complétée ce printemps.

Joshua Boyle a fréquenté une école secondaire de Kitchener et a décroché un diplôme de l’Université de Waterloo en 2005.

Il a été brièvement marié à Zaynab Khadr, la soeur d’Omar Khadr, ce Torontois détenu pendant plusieurs années dans le camp militaire américain de Guantanamo, à Cuba, après sa capture en Afghanistan.

En 2011, lors d’un long voyage en Amérique du Sud, Joshua Boyle a épousé Caitlan Coleman, qui a pour sa part grandi en Pennsylvanie.

L’année suivante, le couple s’est envolé vers la Russie et a séjourné plusieurs mois en Asie centrale avant d’aboutir en Afghanistan.

En octobre dernier, leur sauvetage a fait les manchettes à travers le monde. La famille a même rencontré le premier ministre Justin Trudeau à son bureau d’Ottawa.